Rutshuru : un soleil de plomb met en péril les cultures vivrières à Kiwanja
Un soleil de plomb touche durement l’agriculture vivrière en territoire de Rutshuru. Des pluies se font de plus en plus rares depuis plusieurs semaines maintenant. Des paysans cultivateurs ayant des champs autour de la cité de Kiwanja sont plongés entre le désespoir et l’espoir au cas où il y aurait des pluies. Et dans l’entre-temps, les contours de la famine se dessinent.
À Kiwanja, l’espoir de ramasser les prémices de haricot d’ici quelques semaines s’éloigne. Le dérèglement climatique frappe les petits producteurs agricoles locaux qui avaient pourtant semé aux premières gouttes de pluie en août dernier. Comme nombreux d’entre eux, Kambale Tsongo, un paysan cultivateur ayant ses champs à Kahunga, au Nord-ouest de la cité de Kiwanja, assiste impuissamment au dessèchement de ses cultures de haricots et de maïs.
« La situation dans les champs n’est pas bonne. Le soleil luit terriblement. Les cultures ont commencé à sécher. Les paysans cultivateurs essayent de sarcler, mais impossible. Alors on retourne. On essaie de faire un petit sarclage le matin. Au tour de 9 heures, soit 10 heures, on retourne dans la cité, car si vous continuez, vous détruisez le tout. S’il pleut, nous aurons un peu de récoltes. Mais pour ceux qui avaient semé en premier, chez eux, c’est zéro », a-t-il déclaré.
Comme on l’entend, cette situation fait craindre des faibles productions agricoles et par conséquent une famine à l’horizon, indique Shukuru Jean-Claude, un autre paysan cultivateur ayant ses champs à Kakono, au nord-ouest de la cité de Kiwanja. Mais quelques espoirs restent permis, estime-t-il.
« Dans un futur proche, on s’attend à la famine, car nous savons que lorsque nous avons fait une bonne récolte, les vivres sont disponibles dans la cité. Mais maintenant, nous constatons qu’il y aura la famine dans les familles. Lorsque certains avaient constaté que la période sèche se prolongeait, ils ont refait le labour. Pour eux, les cultures peuvent récupérer un peu car je trouve qu’avec la petite pluie qui s’est abattue là-bas, les plantes reprennent forme », a-t-il confié.
Cet habitant craint également le vol ou la moisson prématurée des récoltes. En attendant, un agronome encourage les paysans cultivateurs à faire un second semis dès les prochaines pluies pour remplacer les plantes qui ont séché ou celles qui n’ont pas poussé du tout.
Faustin Tawite