Nord et Sud-Kivu : à Goma, des étudiants des universités publiques saisissent la MONUSCO pour faire lever la suspension des cours
Le consortium des représentants des étudiants des établissements supérieurs et universitaires concernés par la suspension des activités académiques à Goma et Bukavu par le gouvernement congolais sort du silence. La structure a déposé un mémorandum à la base de la MONUSCO de Goma ce mercredi 16 septembre 2026.
Dans ce document lu par David Shema, les représentants des étudiants plaident pour la reprise des cours dans les universités et institutions supérieures de Goma et Bukavu. Pour ces étudiants, l’éducation demeure un droit non négociable. Ils invitent les parties prenantes à plus de responsabilités vis-à-vis de cette situation qui entraînera des conséquences dangereuses dans l’avenir.
« Nous estimons que les étudiants qui ne sont ni responsables de différends politiques ou militaires, ni partis aux confrontations entre les différents acteurs, ne devraient pas être privés de leur formation en raison des circonstances qui échappent à leurs responsabilités. La prolongation de cette suspension risque d’entraîner des retards importants dans les cursus universitaires, de compromettre le calendrier académique et de provoquer la perte d’une année académique pour certains étudiants. De telles conséquences peuvent affecter directement l’avenir académique, professionnel et socioéconomique de milliers de jeunes étudiants. Il demeure nécessaire de rechercher des solutions permettant de préserver la continuité de la formation universitaire et de limiter les conséquences de cette suspension sur le parcours et l’avenir des étudiants. Une telle décision risque de pousser de nombreux jeunes désœuvrés vers la précarité, voire vers les groupes armés, aggravant ainsi la crise sécuritaire que l’État cherche à combattre. Le gouvernement de la République démocratique du Congo doit permettre les reprises rapides, de prendre dans les meilleurs délais toutes les dispositions nécessaires pour assurer une reprise effective, régulière et organisée des activités académiques », plaide-t-il au nom desdits étudiants.
Alors que les jours avancent, l’incertitude sur la prochaine rentrée académique grandit. Les étudiants, les parents et la société toute entière ne savent pas vraiment ce que sera demain.
Si dans certaines institutions les activités de clôture complète de l’année 2025-2026 se poursuivent, les inscriptions des nouveaux étudiants ne se font pas sentir jusque-là alors que plusieurs étudiants se sont déjà décidés d’aller continuer leur cursus universitaire ailleurs pour par crainte des retombées négatives de la mesure.
Ghislain Siwako