Butembo : 4 ans après, les familles de 11 victimes des manifestations anti-MONUSCO saisissent la justice à Kinshasa
Les familles de 11 personnes tuées lors des manifestations anti-MONUSCO à Butembo ont saisis la justice. A travers le collectif des avocats constitués pour suivre cette cause, une double plainte a été déposée au parquet près la cour de cassation et à l’auditorat général des FARDC à Kinshasa ce vendredi 25 septembre 2026. Dans cette plainte, l’Association des familles des victimes dénonce des crimes contre l’humanité et des crimes de guerre consécutivement aux incidents survenus le 26 juillet 2022 à Butembo.
Au cours d’une interview avec la presse ce samedi 26 septembre 2026, Jérôme Kasereka Malule, porte-parole de ces familles victimes, a indiqué qu’il est temps d’établir la vérité sur ce qui s’était passé réellement ce jour où la population de Butembo réclamait le retour de la paix à travers un culte. Car, dit-il, la Monusco, qui a souvent justifié son fait de tirer sur les civils par la légitime défense, quatre ans après elle n’a pas été favorable au dialogue.
« La partie de la MONUSCO n’a pas voulu qu’on puisse s’arranger à l’amiable alors qu’auparavant elle voulait que nous nous rencontrions. On n’a pas compris le pourquoi de ce revirement. Nous avons voulu qu’on puisse directement choisir la voie de la justice. Nous en train de vouloir mettre la justice devant les preuves pour savoir si réellement la Monusco avait agi à légitime défense. Et on va savoir si les gens qui ont et tué l’ont été dans quelles circonstances. Est-ce qu’ils avaient des armes ? », s’interroge le porte-parole de ces familles ayant perdu les leurs.
Pour lui, les crimes commis par les casques bleus de la Monusco à Butembo ne doivent pas rester impunis. Les familles des victimes doivent être remises dans leurs droits. Jérôme Malule, qui rassure que les batteries sont en marche pour la suite de la procédure judiciaire, appelle la population de Butembo particulièrement toux ceux qui ont des témoignages à propos des faits du 22 juillet 2022 de collaborer avec l’association des familles de victimes pour constituer les preuves.
« Ce que nous attendons de la population, c’est de renforcer les témoignages. Elle a été témoin de tout ce qui s’est passé. Je lance un appel vibrant : toute personne détentrice de l’histoire de ces événements, capable de raconter comment les faits se sont déroulés, est la bienvenue pour nous le dire », appelle-t-il.
Pour tous ceux qui peuvent témoigner sur ce qui s’était passé le 26 juillet 2022 lors des manifestations anti-MONUSCO à Butembo ils peuvent contacter l’association des familles des victimes au 09 76 07 81 13.
Joëlle Mwengevalwahi