Lubero : rareté de la farine de manioc, la vie devient chère à Kipese

Il s’observe une grave rareté de la farine de manioc à Kipese et dans d’autres localités environnantes. Cela a entraîné l’augmentation du prix de cet aliment dans cette partie du territoire de Lubero. Un kilogramme de cossettes de manioc est passé de 1 200 francs à 1 500 francs congolais.

D’après les habitantes rencontrées vendredi 25 septembre au marché local, le principal motif à la base de cette situation qui affecte des milliers de familles, c’est la guerre qui a conduit les paysans à abandonner leurs champs pour s’installer dans les milieux n’ayant pas connu d’importants affrontements. Les répercussions se dévoilent plus sévères, notamment la cherté de la vie et la famine.

« Nous avons fui nos champs par peur pour nous installer dans les grandes agglomérations. La farine de manioc que nous consommons vient surtout de Vukununu, Kantole et Matembe. Que les autorités nous viennent en aide. (1) Nous n’avons plus rien à faire. Ces gens sont encore à Kitsombiro. Nous devrions y aller pour acheter des légumes à revendre mais c’est impossible. Il faut que la route soit réouverte. Dans certaines zones abandonnées par ce groupe, les paysans recommencent leurs activités champêtres mais la famine s’installe davantage. Nous espérons le mieux l’année prochaine. Aujourd’hui, dix-mille francs congolais, c’est le prix d’un récipient de farine. D’abord la paix pour que les choses redeviennent comme avant » (2), ont-elles indiqué.

Non seulement la farine de manioc, d’autres produits alimentaires sont aussi rares. La culture de la pomme de terre, source de revenus pour de nombreux habitants, a été dernièrement frappée par une sécheresse réduisant considérablement sa production.

Selon les témoignages, un sac de 100 kg se négocie entre 110 000 francs et 120 000 francs congolais à Kipese-centre. La petite quantité de maïs est utilisée dans la fabrication de la boisson communément appelée « mandale ». Les poireaux, choux, haricots, petits pois et autres produits agricoles connaissent aussi une production maigre.

Par contre, des sources sanitaires, sans donner plus de détails, ont dernièrement alerté sur l’augmentation de cas d’enfants touchés par la malnutrition dans les deux aires de santé, Kipese et Baraka, depuis la détérioration du climat sécuritaire marqué par l’occupation du M23/AFC qui s’y était retiré, une année plus tard.

Signalons également que l’insécurité et les pâturages disparus suite à la canicule géante ont impacté négativement la croissance des bétails dans cette région. Des éléments expliquant la gravité de la situation que traversent les ménages.

C’est ainsi que la nécessité d’une assistance en vivres, semences, engrais et produits phytosanitaires est indispensable afin de redonner du sourire et de l’espoir à la communauté agropastorale de la place.

Ghislain Siwako

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