Nord-Kivu : blocage et imbroglio autour du renouvellement des animateurs de la société civile
La question du dépassement du mandat des acteurs de la société civile et du retard dans l’organisation des élections pour les nouveaux acteurs à la tête des différentes coordinations au Nord-Kivu aura du mal à trouver une réponse rapide. Chacun des acteurs interprète différemment la situation, cherchant à défendre cet état.
Certains affirment qu’on doit d’abord organiser les élections de la coordination provinciale qui, depuis sa redynamisation en 2018, n’a plus eu de nouveaux animateurs. Cela invite à la question de l’insécurité dans la province, particulièrement dans les territoires de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru ainsi que la ville de Goma aujourd’hui occupés par les combattants du FRN, ancien AFC-M23.
Ces entités n’ont pas non plus vécu d’élections en 2021 contrairement à Lubero, Beni, Butembo et Beni ville, expliquent nos sources. Par conséquent, il est difficile d’organiser les élections au niveau de la province sans ces coordinations. D’autres annoncent des initiatives visant à redynamiser les noyaux avant les élections au niveau des coordinations territoriales et urbaines.
Cependant, les présidents de ces dernières coordinations affirment qu’ils ne sauront pas organiser les élections dans leurs coordinations respectives avant que la province ne soit dotée des nouveaux animateurs. D’autres encore pensent qu’il est carrément impossible d’organiser les élections des acteurs provinciaux de la société civile forces vives aujourd’hui vu la situation que traverse la province.
Selon eux, il faut attendre la fin de la guerre pour penser trouver une réponse à l’inquiétude. Ils reconnaissent toutefois qu’ils sont dans un large dépassement du mandat.
« Nous avons été élus par la population, nous ne pouvons pas abandonner la structure dans rue car la situation actuelle ne dépend pas de nous. Voilà pourquoi nous sommes là et nous seront là jusqu’à l’arrivée de nos successeurs », nous ont-ils déclarés.
En attendant, la coordination provinciale actuelle aurait déjà expliqué la situation à la coordination nationale de qui on patiente une orientation, nous ont-ils confié.
Stanley Muhindo