Depuis l’Italie, le cardinal Ambongo réitère sa plaidoirie pour un dialogue inclusif en RDC 

Le cardinal Fridolin Ambongo Besungu a encore plaidé pour un dialogue politique inclusif en République démocratique du Congo (RDC). Il a réitéré son plaidoyer mardi 27 octobre 2026, à l’occasion des Rencontres internationales pour la paix organisées par la communauté Sant’Egidio à Assise, en Italie. Intervenant autour du thème : « Quelle paix en un temps de force ? », l’archevêque métropolitain de Kinshasa a présenté la concertation nationale comme unique voie de sortie face à la crise sécuritaire qui déchire l’Est du pays depuis trois décennies. 

Selon les sources citées par ACTUALITE.CD, le Cardinal s’est d’abord appuyé sur le pacte social pour le bien-vivre ensemble proposé conjointement par l’Église catholique (CENCO) et l’Église protestante (ECCS). Le prélat a insisté sur l’urgence de rassembler toutes les parties en conflit. Ce cadre doit permettre aux acteurs politiques et sociaux de « s’asseoir ensemble, écouter les blessures des uns et des autres, et reconstruire la cohésion nationale autour d’un idéal commun ». 

Tout en rappelant que le président Félix Tshisekedi avait lui-même consenti à un appel au dialogue national en juillet dernier, le cardinal a fermement dénoncé la paralysie actuelle du processus provoquée par Kinshasa. 

« Aujourd’hui, pourtant, ce dialogue est bloqué. On pose des préalables, on trace des lignes rouges, on décide à l’avance qui pourra s’asseoir à la table et qui en sera exclu », a-t-il regretté. 

Faisant directement écho aux conditions posées par le chef de l’État qui refuse catégoriquement d’intégrer les mouvements rebelles ou les groupes armés sous prétexte de ne pas légitimer la violence, l’archevêque s’est montré sans équivoque : « Un dialogue qui exclut ceux avec qui l’on est en guerre n’est pas un dialogue : c’est un monologue. Sans dialogue, il n’y aura pas de paix. » 

Rejoignant la position d’une frange majeure de l’opposition congolaise, le cardinal Ambongo a totalement écarté l’option d’une résolution exclusivement militaire dans la région du Kivu. Pour lui, la force des armes ne peut générer qu’un cycle infini de « vainqueurs et de vaincus, de veuves et d’orphelins », tandis que seul le courage politique de négocier avec ses propres ennemis jurés permettra d’obtenir une stabilité durable. 

Au-delà des autorités de Kinshasa et des dirigeants de la région des Grands Lacs, le président du SCEAM (Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et Madagascar) a profité de cette tribune européenne pour interpeller directement la communauté internationale. 

Il l’a exhortée à abandonner les simples déclarations de principe pour passer à des actes concrets, en cessant notamment de « fermer les yeux sur le commerce illicite des minerais » qui continue d’alimenter financièrement les réseaux de la guerre dans le bassin du Congo.                                       

Georges Lomba

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