Présumé détournement de plus de 2 millions $ à l’hôtel de ville de Butembo : la LUCHA appelle l’IGF à auditer la gestion du maire policier

Le mouvement pro-démocratie Lutte pour le changement (LUCHA) accuse le maire policier de la ville commerciale de Butembo (Nord-Kivu) d’avoir détourné plus de 2.000.000$ de mai à octobre 2021 (soit deux trimestres de l’instauration de l’état de siège au Nord-Kivu et en Ituri, ndlr). Des accusations que l’incriminé réfute.

Dans un point de presse animé ce lundi 21 février 2022 sur avenue Mususa (au centre-ville de Butembo), la LUCHA mentionne dans son « rapport d’enquête » que l’usage de cette somme d’argent « reste inconnu » dans la gestion de l’autorité urbaine de Butembo.

« À ce sujet, à la fin de chaque semaine, le mandataire, l’ordonnateur, le sous-gestionnaire et les 3 comptables prennent, chacun 300.000 FC. En faisant la sommation, nous avons 1.800.000 FC soit 878$ par semaine ou 3.512$ par mois qui vont dans les poches de quelques individus seulement. De mai à octobre 2021, faisant la somme des écarts ou différences, nous avons 2.172.366,62$, une somme dont l’usage reste inconnu dans la gestion de la mairie de Butembo pendant les 6 premiers mois de l’état de siège », note la LUCHA section de Butembo.

Ce mouvement citoyen appelle en outre le ministère national des Finances appuyé par l’Inspection générale des Finances (IGF) à un audit externe dans la gestion des fonds à la mairie de Butembo.

RADIOMOTO.NET a rencontré l’incriminé en son office de travail ce même lundi. Pendant un bref échange au salon d’honneur de l’hôtel de ville, le maire policier de Butembo, le Commissaire supérieur principal Roger Mowa Baeki Telly, s’est réservé de trop commenter la question, affirmant hors micro, qu’il est « non concerné par ces accusations ». Il a brièvement estimé que la LUCHA « a raté sa cible ». D’après lui, la LUCHA devrait à l’avance le rencontrer à son bureau avant de « l’accuser faussement ».

L’état de siège est instauré dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri depuis le 06 mai 2021. En conséquence, les autorités civiles sont remplacées par celles policières ou encore militaires. L’objectif est d’asseoir l’autorité de l’État dans ces entités instables (en proie aux tueries des civils par des groupes armés dont les ADF, Ndlr) de la République démocratique du Congo.

La Rédaction

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