Nord-Kivu : de nombreuses coopératives fermées suite à l’insécurité à Beni

Plusieurs coopératives agricoles ont fermé suite à la guerre qui sévit en territoire de Beni (Nord-Kivu). Leurs membres ont fui laissant derrière eux des activités qui attendaient de produire quelque chose après la récolte. La désolation a été exprimée ce samedi 2 juillet 2022 à l’occasion de la Journée mondiale de coopératives.

Un certain nombre de ces organisations a été en journée de réflexion au bureau de la Coopérative Kawa Kavuya à Butembo-Katwa. C’est là que Kisoki Lukando, chef des programmes de la Ligue des organisations des femmes paysannes du Congo (LOFEPACO) a fait savoir aux participants que les coopératives qui ont fermé regroupaient surtout les riziculteurs dans les environs d’Oïcha, Mutwanga et Bulongo.

« C’est là où il y a le gros de nos coopératives. Et je pense que vous êtes témoins de ce qui se passe sur le marché local. En tout cas, le riz qui est en train d’être consommé est importé parce que les coopératives qui s’en occupaient, on du mal à fonctionner à cause de l’insécurité. Il y a des fonds qui étaient déjà alloués pour les coopératives, parce qu’elles ne vivaient que par leur part sociale : les membres viennent et cotisent leur argent afin d’asseoir une activité quelconque. Mais, cet argent vous le mettez dans une exploitation et après quelques minutes, vous fouillez à cause de l’insécurité. C’est dire que ca sera un problème de récupération. », s’est-il désolé au micro de RADIOMOTO.NET.

Dans un message de plaidoyer adressé au gouvernement congolais, les coopératives des territoires de Beni, Lubero, Rutshuru recommandent le respect de la loi sur les coopératives, la réduction de la pression fiscale. L’objectif étant celui de voir celle-ci s’affirmée en voie indiquée pour aider la population sur le plan social et économique, résume Baylon Katsongo, directeur de la Coopérative centrale du Nord-Kivu (COOCENKI).

« La coopérative a deux caractère. Le caractère social et économique, qui les différencie des autres organisations paysannes ou des ASBL. Du point de vue social, elle regroupe les gens ensemble pour les former, changer leur mentalité pour l’alimentation. On doit éduquer les gens comment par exemple ils doivent consommer le maïs ; ils doivent intégrer la valeur du maïs dans leur nutrition. Du point de vue économique, la coopérative doit faciliter les petits producteurs à l’accès des intrants de qualités, à l’augmentation de la production, et à l’accès plus remunerable. », a-t-il fait savoir.

Notons que la journée des coopératives est célébrée en 2022 sous le thème : « Les coopératives construisent un monde meilleur ». Ce thème a orienté la réflexion des participants aux activités organisées à Butembo-Katwa, à Beni, à Mighobwe et à Kinyandoni-Rutshuru.

Selon l’Organisation des Nations Unies, la planète compte près d’1 millions 400 mille coopératives avec plus d’1 milliards de membres. Grâce à leur rôle de recherche d’un marché rémunérateur dans la vente groupée, elles ont permis à des habitants l’amélioration de leurs conditions de vie, surtout dans des pays stables.

André Mulyama et Patient Akilimali

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