L’Abbé Aurélien Rukwata aux autorités de la RDC : « Tenez ; tout bubolais n’est pas Maï-Maï »

Le Directeur de la Commission Diocésaine Justice et Paix (CDJP), l'Abbé Aurélien Rukwata, lors de la séance de vulgarisation des textes de l’Accord-cadre entre le Saint-Siège et la RDC. Ph. Louangel Visesa

Tout bubolais n’est pas Maï-Maï. C’est le rappel de l’Eglise de Butembo-Beni à certains agents de sécurité impliqués dans les arrestations arbitraires des civils à travers la région. S’exprimant devant les différentes autorités de l’état de siège à la séance de vulgarisation des textes de l’Accord-cadre entre le Saint-Siège et la RDC, le Directeur de la Commission diocésaine Justice et Paix (CDJP) est revenu sur les cas de tracasserie infligée à la population de Butembo et environs lors des opérations de bouclage.

C’était lorsqu’il présentait la synthèse des rapports des curés doyens sur la situation socio-sécuritaire à travers le diocèse de Butembo-Beni. L’Abbé Aurélien Rukwata a alors évoqué les questions en rapport avec les tracasseries des agents de l’ordre dans la région.

« Pourquoi faut-il appeler tout le monde Maï-Maï ? », s’est-il interrogé avant de rappeler que les femmes et hommes de Butembo et environs ont besoin de respect et de la sécurité.

« Tout congolais n’est pas Maï-Maï. Tout bubolais, toute bubolaise n’est pas Maï-Maï. Donc, si on me voit circuler, on ne peut pas me dire : maintenant Aurélien, maintenant vous êtes aussi Maï-Maï, et pour cette raison-là, on fait de moi ce qu’on veut. Il faut quand même qu’il y ait des procédures qui sont acceptables pour pouvoir arriver à cette façon de faire. A ces propos, on a aussi relevé les affrontements réguliers entre civils, groupes de pression et militaires, causant beaucoup de désolation dans la partie Nord de la ville de Butembo. Tout le monde voit bien de quoi je veux parler. On a ajouté à cela le pillage des habitations, et excusez-moi, on a dit par les militaires. Je veux que ce soit faux. Mais je lis ce qui m’a été rapporté et que j’essaie de vous partager », a-t-il insisté.

Dans la présentation de son rapport synthèse, le Directeur de la CDJP a aussi touché les vols des fois attribués aux agents de l’ordre et de sécurité. C’est là qu’il a évoqué les assises de Nairobi III où le facilitateur Uhuru Kenyata a parlé d’une honte pour l’Afrique. L’orateur a alors invité les autorités de l’Etat à instruire leurs éléments sur une discipline devant rassoir l’autorité de l’Etat et contribuer au renforcement du mariage civilo-militaire.

Visesa Louangel

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