Butembo : l’ISPRON appelle à l’aide pour la survie de déplacés de guerre
La coordonnatrice de l’Intégration sociale pour la promotion des nécessiteux (ISPRON) appelle au soutien de tous pour la survie des déplacés. Au cours d’une interview accordée à RADIOMOTO.NET ce mercredi 18 janvier 2023, Masika Marie-Jeanne indique que les déplacés font face à beaucoup de difficultés.
A part les besoins de première nécessité comme la nourriture et l’habillement, elle alerte sur la situation des malades et des apprenants à l’école. Masika Marie-Jeanne égraine une moyenne de 100 malades par mois internés dans différentes structures sanitaires de Butembo.
Elle remercie toutes les structures sanitaires qui accueillent les déplacés et qui les soignent. Celle-ci les encourage et les appelle à ne pas tourner leur dos aux milliers de déplacés en détresse.
La coordonnatrice de l’ISPRON explique que jusque janvier 2023, l’ISPRON a une dette de plus 5 mille dollars en termes de dette des soins de santé des déplacés.
« La plus grande difficulté ce sont les médicaments. Quand un déplacé tombe malade, nous lui donnons une lettre de recommandation. Mais si c’est la nuit, on l’amène dans une structure sanitaire se trouvant près de son domicile. Le problème c’est lorsque la facture dépasse la capacité du déplacé de guerre. Parfois, on nous l’amène au bureau. A notre tour, nous y rentrons pour plaider. Lorsque nous voulons savoir si la famille peut trouver quelque chose, le malade répond que sa seule famille ce sont les habitants. A ce niveau, l’équation devient compliquée. Nous sommes en train de signer beaucoup de décharges. Heureusement, du peu que nous recevons des bonnes volontés, nous remettons quelque chose au personnel soignant et il m’écoute », a-t-elle fait savoir.
Masika Marie Jeanne indique également que la scolarisation des enfants des déplacés de guerre devient de plus à plus un casse-tête.
Tout en saluant les écoles qui accueillent les enfants déplacés, la responsable de l’ISPRON appelle les responsables des institutions à la tolérance en cas d’insolvabilité.
Plus de 450 apprenants du secondaire traversent des moments difficiles à l’heure où les préfets recouvrent les frais du premier semestre.
« Les apprenants de l’école secondaire sont en train d’être refoulés suite à l’insolvabilité. Quand on les chasse, nous y allons pour supplier les autorités. Nous leur présentons les difficultés des déplacés de guerre. Les parents font quelques activités. Lorsqu’ils trouvent un peu de sous, nous ajoutons ce peu d’argent à ce que nos bienfaiteurs donnent. Nous payons en compte goûte. Ils nous écoutent souvent. C’est pourquoi nous les remercions », a-t-elle reconnu.
La coordonnatrice de l’ISPRON informe que son organisation encadre plus 10 milles déplacés regroupés dans 2500 ménages. Masika Marie Jeanne remercie toute la population de Butembo pour les différents dons qu’elle apporte aux déplacés.
Kakule Kilumbiro