Goma : FOMEKA célèbre le 23e anniversaire de la mort de Mgr Kataliko

La Fondation Monseigneur Emmanuel Kataliko (FOMEKA) a célébré, le dimanche 1er octobre 2023, le 23e anniversaire de la mort de cet ancien pasteur de l’Eglise de Butembo-Beni. Comme c’est devenu de coutume, cette occasion a encore offert aux uns et aux autres le temps de témoigner chacun de la façon qu’il peut, pour immortaliser celui qui a marqué l’histoire de l’Eglise universelle. Le même jour en paroisse Saint Joseph en ville de Goma, la chorale Emmanuel Kataliko a animé la quatrième messe d’action de grâce.

Grand-père, prophète, résistant, homme au grand cœur, vecteur d’idées de développement, visionnaire, patriote,… Les qualifications sont nombreuses pour désigner Monseigneur Emmanuel Kataliko et chacun y va, selon son inspiration.

Pour le père-curé de la paroisse assomptionniste Shaba en ville de Goma, le révérend Roger Kasereka, la lutte de Monseigneur Emmanuel Kataliko a engendré une flamme du goût de dénoncer le mal et se sacrifier pour les autres, la simplicité dans la grandeur et le mariage évangile-développement dont le feu Kataliko, aura été le fervent défenseur.

Maître Fataki Pierre-Georges soutient pour sa part, qu’Emmanuel Kataliko aura été et demeure un esprit vif en dépit de sa disparition, 23 ans plus tôt. Un homme à la simplicité extraordinaire, un pasteur plus proche de ses brebis, bref, quelq’un de difficile à comprendre.

Ezéchias Paluku Muhaya lui, affirme en outre, que Monseigneur Kataliko, est l’homme qui a fait de lui un politicien, bien que lui-même ne l’ait pas été. Kataliko ne mourra jamais tant que Muhaya demeurera vivant, dit-il, car autant, il contribuera à perpétuer ses idéaux.

Sur le plan spirituel, les intercessions faites au nom d’Emmanuel Kataliko, produisent des résultats positifs, témoigne Marie Sifa Katsumba, chrétienne rencontrée à la paroisse Saint Joseph de Goma.

Kanyamanda Kasereka lui, n’a qu’un message : au-delà des souvenirs surprenants qu’il garde encore du grand-père, comme nombreux l’appellent affectueusement,

« Tous devons-nous approprier et pérenniser la lutte et les idées d’un homme qui aura su marquer extraordinairement l’histoire… », martèle-t-il.

Né en 1932 dans le territoire de Lubero, dans l’est de la RD-Congo, dans une famille modeste, Kataliko a été ordonné prêtre en 1958 à Rome et nommé évêque de Butembo-Beni en 1966. Évêque de Butembo-Beni durant 31 ans au moins, il sera nommé, le 22 avril 1997, archevêque de Bukavu, d’où il partait pour mourir 3 ans plus tard, soit le 4 Octobre 2000.

Au mois de février 2000 se rappelle-t-on, alors que des rebelles du Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenus par les militaires rwandais qui occupaient le Kivu depuis janvier 1998 réfoulaient farouchement Mgr Kataliko l’empêchant de rejoindre la ville de Bukavu pendant qu’il revenait d’un voyage à Kinshasa, Kataliko ne s’est pas découragé. Il a plutôt appelé son peuple à la résistance pacifique.

“N’acceptez jamais qu’on puisse vous moudre et si on moud, n’acceptez jamais qu’on vous manche. Et si on manche, n’acceptez jamais qu’on avale, et si on vous avale, n’acceptez jamais qu’on vous digère… Et si jamais l’on vous digère, n’acceptez jamais qu’on puisse vous chier…”, avait prêché Monseigneur Emmanuel Kataliko, au point qu’il est devenu à l’époque, un homme fort sur qui, même le feu président Laurent Kabila comptait pour garder encore la main sur l’Est du pays alors en proie aux charognards.

Deux décennies après sa mort, sa dépouille putréfié est comparable au grain de blé qui a germé et porté une moisson abondante. Oui, car aux cœurs de plusieurs, déferle maintenant la flamme de l’incarnation du pasteur, le pasteur “villageois” de qui allait venir le salut !

John Tsongo

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