Butembo : l’insécurité, une entrave pour le secteur de la peinture

Les conséquences de l’insécurité se font sentir dans plusieurs secteurs de la vie sociale. C’est comme dans celui de la peinture, qui ne génère plus des revenus vu que les touristes qui achetaient les tableaux ne viennent plus. RADIOMOTO.NET a fait ce constat, le vendredi 1er décembre 2023, auprès d’un artiste peintre qui exerce ce métier depuis les années 90.

Il s’agit de Gervais Kambale connu plus sous le sobriquet de “Djocky Star”. Pour lui, dans les années 90, la peinture sur le tableau était un travail noble. Il n’a pas oublié ce beau vieux temps.

Les touristes qui venaient visiter le parc des Virunga, passaient par Butembo où ils achetaient ces tableaux rares dans leurs pays d’origine. Djocky Star reconnait que la peinture a évolué mais l’insécurité constitue toujours une entrave.

« Avant c’était l’âge d’Or. Il y avait du tourisme amusant, des tours d’hôtels, et on faisait des tableaux à l’aide d’écorces des bananiers, parce que les blancs aimaient ça. Ce qui est vraiment exotique. Ce n’est pas chez eux, ces écorces des bananiers qu’on allait chercher dans la brousse pour dessiner les scènes africaines sans peinture. Donc c’était bien payant. On vendait dix tableaux par jour », se rappelle Djocky Star.

Djocky Star, d’une soixantaine et père d’une famille, note qu’aux côtés des touristes, les commerçants locaux vendeurs du café se procuraient aussi ces tableaux. La meilleure œuvre se vendait à cent zaïres, une valeur de cent dollars américains à l’époque.

« Un tableau c’était dix zaïres ce temps là, ce qui esquivaient à dix dollars. Le maximum c’était cent zaïres (cent dollars à l’époque, Ndlr), un tableau de tous les panoramas de Butembo. Actuellement c’est presque la même chose, mais la clientèle a flétrie. Les gens sont démunis, à cause de l’insécurité, les champs ne sont plus dans leurs champs. Sont les commerçants qui achetaient après la vente de leurs cafés. Les commerçants était aisés, ils achetaient pour orner leurs maisons », note t-il.

Cet artiste croit qu’une fois la paix rétablie, le Grand Nord-Kivu sera un berceau de la peinture.

« Ici, c’est le paradis mais les gens sont pauvres. Journaliste : pensez-vous que si la sécurité revenait, ça ira dans votre secteur ? Réponse : ça sera comme un berceau de l’art. Comme en Italie à la renaissance, en France, en Allemagne, il y avait des grands artistes, parce qu’ils étaient dans la paix. Ici nous sommes démuni, alors c’est difficile », fustige t-il.

Djocky Star, une icône de la peinture de Butembo, est l’un des rares artistes peintres qui avaient dans les années 90 participés aux expositions des tableaux à Kinshasa.

Glodi Mirembe

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