Nord-Kivu : hausse du prix du kg des noix de palme dans les zones de production à Beni

Le prix du kilogramme des noix de palme communément appelées « mapulunge »  ne cesse de grimper dans les zones de production en territoire de Beni. C’est un constat rapporté à RADIOMOTO.NET, ce lundi 10 juin 2024, par une acheteuse et transformatrice de ce produit en ville de Butembo. Entretemps, celui du kilogramme de tourteaux connait une stabilité précaire.

Sur avenue des Martyrs, où se situe cette usine de traitement des noix de palme pour extraction d’huile de palme, nous avons rencontré madame Kanyere Immaculée. Celle-ci est acheteuse et transformatrice des noix de palme. Elle note que le prix d’achat des noix de palme ne cesse de grimper dans les bassins de production.

D’après elle, ce produit qui s’achetait jadis à 500 FC, s’achète ces derniers temps entre 850 et 900 Francs congolais. Elle parle d’une conséquence directe de l’insécurité orchestrée par les rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF), et qui s’illustre par les massacres des civils dans plusieurs agglomérations du territoire de Beni.

« Actuellement, il y a l’insécurité dans les zones d’approvisionnement en noix de palme, et c’est difficile d’en trouver. Alors le prix a augmenté, ce n’est plus comme avant où on trouvait facilement un kilogramme à 500 francs. Présentement, on achète un kilogramme à 850, voire 900 francs congolais. Nous, fournisseurs, ne produisons pas trop ce jour à cause de la guerre dans les zones de production. Ils provenaient d’Oïcha et la seule entité qui restait était Cantine. Elle est aussi menacée par la guerre, et on nous ne nous fournit plus », a-t-elle fait remarquer.

Pendant ce temps, sur le marché en ville de Butembo, c’est le prix du tourteau qui connait depuis peu une stabilité précaire. Après avoir atteint 800 francs, puis 500 francs aujourd’hui, il se vend sur le marché entre 600 et 650 Francs congolais.

Kyakimwa Desange, vendeuse, craint que le tourteau connaisse une augmentation suite à l’insécurité à Beni territoire. Elle plaide auprès des autorités congolaises pour la sécurisation des habitants et de leurs biens.

« Le kilogramme du tourteau se vendait d’abord à 500 francs, après qu’il y ait la guerre à Mangina et Biakato, il a atteint 800 francs avant d’atteindre encore 700 francs. Ces derniers temps, nous le vendons à 600 francs congolais. Nous ne savons pas si nous allons vendre encore à combien. Nous n’avons plus de clientèle. Mais les clients ont compris ce prix et sont en train d’acheter. Nos produits proviennent du champ où il y a malheureusement l’insécurité. Nous ne savons que faire. Nous avons seulement besoin de la paix », s’est-elle réjouie.

Les noix de palme qui alimentent les usines de transformations de la ville de Butembo, proviennent majoritairement des agglomérations du territoire de Beni, dont Cantine, Oicha voire Mangina.

Si certains agriculteurs producteurs de ces noix de palme ont déjà fui leurs domiciles, d’autres ont, selon nos sources, été tués dans les massacres des civils par les rebelles des Forces démocratiques alliées ADF.

Glodi Mirembe

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