Butembo : un avocat appelle à saisir ‘‘le tribunal’’ avant toute déclaration de décès d’une ‘‘personne disparue’’

Des familles qui ont de personnes disparues doivent d’abord saisir le tribunal avant de déclarer le décès de l’un de leurs. C’est ce qu’a conseillé maitre Hangi Ranulph, en marge de la journée internationale des personnes disparues, célébrée le 30 août de chaque année. Ce jour, nous avons rencontré une famille du quartier Vutsundo, qui disait n’avoir aucune nouvelle de son membre disparu il y a, de cela, une année.

Dans un entretien avec RADIOMOTO.NET, Katungu Sikuli Malite fait savoir que son fils Katya Vavulivwa Volonté, 17 ans, a disparu lorsqu’il se rendait dans la province Orientale pour des raisons de travail.

La famille n’a toujours pas de ses nouvelles, et ne sait pas réellement s’il est encore en vie ou s’il est décédé, s’inquiète-t-elle.

« Il a disparu le 15 aout 2023. On dit souvent qu’on les avait amenés dans la forêt. Son patron avait essayé de faire des recherches à Kainama. Mais il n’avait rien trouvé. On nous dit toujours de patienter parce qu’on n’a jamais trouvé son cadavre. Nous patientons toujours et toujours. Maintenant, je suis à bout de souffle. Je ne dors plus depuis la disparition de mon enfant. Parce que je ne sais pas si mon enfant est encore en vie ou s’il est déjà mort. Jusque-là, on n’a pas encore organisé le deuil », a-t-elle raconté, sous émotion.

Contacté à ce sujet, maître Hangi Ranulph précise que lorsqu’il y a quelqu’un qui a disparu, il ne faut pas précipitamment déclarer son décès. Mais, il convient de saisir le tribunal après une année. C’est après les enquêtes et après les jugements que le tribunal peut déclarer son décès, précise-t-il.

« Lorsqu’on n’a pas les traces d’une personne, ou n’a pas de ses nouvelles. Après 12 mois, on va au tribunal, le tribunal lance des enquêtes pendant 6 mois. C’est part après qu’il peut maintenant procéder au jugement. Et puis 6 mois après, le tribunal va déclarer par un jugement son décès. C’est après le jugement du tribunal qu’on peut organiser un deuil et avec tous les effets qui peuvent en découler par après. Donc à toutes ces familles qui ont des personnes disparues, je les demande d’organiser le deuil après le jugement du tribunal et obtenir l’acte de décès auprès de l’état civil », a-t-il orienté.

La journée internationale des personnes disparues, qui a lieu le 30 août, fait connaître le sort de ces personnes, honore leur mémoire, met en lumière la souffrance psychologique des familles et attire l’attention sur la nécessité de prévenir et de résoudre les disparitions.

Rosette Kamukehere

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