Lubero : des tracasseries routières dénoncées dans plusieurs villages depuis la prise de Kipese par le M23
Les populations vivant sur les hautes terres de Masereka, Nyabili, Lukanga, Ngitse, Magherya, Luotu et Ngeleza dénoncent la tracasserie routière dont elles sont victimes depuis la prise de Kipese par les militaires du M23. Dans un mémorandum adressé aux autorités territoriales de Lubero et dont RADIOMOTO.NET a reçu copie, ce samedi 14 juin 2025, ces populations font savoir que plusieurs services de l’État sont impliqués dans cette tracasserie.
La population cite les forces de l’ordre et de sécurité dont les Wazalendo qui ont érigé plusieurs barrières sur les routes. À celles-ci s’ajoute le service de TRASCOM et la Police de circulation routière (PCR).
Dans le même message d’alerte aux autorités, la population indique que la traversée à chaque barrière est conditionnée par le payement d’une somme l’argent allant de 500 FC à 5 000 FC. À titre d’illustration, la route Masereka-Musienene, longue de 25 Km, compte 6 barrières.
À Kitsimba, une barrière de péage route et la PCR ; Nyabili une barrière de péage route, Kikuka une barrière de péage route ; à Lukanga une barrière et plusieurs autres services de l’État. La même situation est vécue à la barrière de Musienene.
Selon les usagers de ces axes routiers, les services à ces barrières débutent les activités à partir de 4 h 00 et sont clôturées vers 19 h 00. Toutes ces populations rappellent aux autorités que plusieurs ménages dans cette partie du territoire de Lubero ont accueilli depuis la guerre du M23 des déplacés de guerre.
Au-delà de cette peine de nourrir ces déplacés, les services de l’État viennent complétement étrangler les ménages par le fait de ne pas permettre à la population accueillante de mouvoir dans la recherche de quoi vivre. C’est pourquoi la population demande à l’autorité territoriale de penser à la souffrance des usagers des routes de desserte agricole en érigeant une seule barrière par route que rançonner une population déjà paupérisée et meurtrie par les multiples conflits et violences de guerre.
Kakule Kilumbiro