Rutshuru : récurrence des combats entre M23 et Wazalendo à Nyanzale
La recrudescence des affrontements entre le M23 et les groupes armés locaux (Wazalendo) dans la région de Nyanzale, au sein de la chefferie de Bwito, continue d’avoir des répercussions dévastatrices sur les populations civiles. Les combats les plus récents, rapportés ce jeudi à Mubirubiru, dans le groupement de Gihondo, selon diverses sources locales, entraînent des déplacements massifs de populations et font craindre une crise alimentaire imminente.
Un résident de Nyanzale, s’exprimant sous couvert d’anonymat, a décrit une situation de traumatisme généralisé, estimant qu’environ 80 % des habitants sont affectés. Il a souligné que les populations fuient vers diverses localités telles que Rutshuru, Goma, Kitsanga, ou Mwezo, alors que les villages environnants, notamment Nyanzale, Kikuku, Mubirubiru, Munguli et Kasoko, sont désormais considérés comme des zones de conflit actif.
“Maintenant, les habitants sont traumatisés jusqu’à près de 80 pour cents. Les uns cherchent à se frayer un passage pour aller à Rutshuru, d’autres à Goma, d’autres encore à Kitsanga, Mwezo… parce que depuis Nyanzale, Kikuku, Mubirubiru, Munguli, Kasoko, … tous ces villages sont rouges. La population ne sait où se mettre à l’abri. Même à Nyanzale, ceux qui restent, ce sont surtout ceux qui ne savent que faire. Chaque jour, c’est des tirs, donc comprenez que la situation est très mauvaise. Nous sommes au cours de la période des moissons. Mais nombreux s’en fuient sans avoir ramassé leurs récoltes. Et après les affrontements, nous n’aurons pas la possibilité de glaner les peu de produits qui seront restés dans nos champs, et donc la famine se profile à l’horizon. Et nous ne savons pas si Dieu aidant, nous pourrons retourner dans nos villages si le calme y sera revenu. Comprenez que chaque se dirige vers là où il s’estime à l’abri », a déclaré un habitant de Nyanzale sous anonymat.
Seuls les individus les plus démunis et sans alternative demeurent à Nyanzale, confrontés quotidiennement à des échanges de tirs.
La période actuelle correspond à celle des récoltes, mais les hostilités empêchent les habitants de collecter leurs produits agricoles. Cette situation, conjuguée à l’impossibilité de glaner les récoltes restantes après les affrontements, fait peser une menace sérieuse de famine sur la région. L’incertitude quant au retour des populations dans leurs villages d’origine, même en cas de cessez-le-feu, ajoute à la détresse générale.
La Rédaction