Nord-Kivu : des élèves contraints de payer 1000 FC pour leurs bulletins dans les zones contrôlées par le M23
(Photo d'illustration) Les élèves de l'école primaire Pinga (Nord-Kivu) de la 8er CEPAC au cours d'une sensibilisation par la section protection de l'enfant de la MONUSCO sur les droits des enfants, le 29 octobre 2020. Radio Okapi/ Sifa Maguru
Chaque élève des zones du Nord-Kivu sous contrôle de l’AFC-M23 doit payer 1000 francs congolais pour son bulletin de l’année scolaire 2024-2025. Cette directive, présentée comme inéluctable par les responsables de l’éducation nationale et de la nouvelle citoyenneté du Nord-Kivu, a été annoncée publiquement le week-end dernier à Goma, après une réunion avec les comités sous-provinciaux.
Si les parents qui l’analysent y voient un monnayage hors normes, le secteur éducatif sous administration de l’AFC-M23 la justifie par le souci de ne plus remettre aux apprenants des « bulletins brouillons » mais plutôt des »bulletins officiels » qui seront produits par ce mouvement que ça soit dans les écoles maternelles, primaires et secondaires, mais aussi dans les institutions scolaires publiques ou privées. C’est ainsi qu’il est strictement interdit aux chefs d’établissements de remettre aux parents d’élèves des bulletins non conformes à cette exigence.
“Pour pallier les problèmes liés à l’absence des bulletins, il est strictement interdit aux chefs d’établissements scolaires maternels, primaires et secondaires, tant publics que privés, de délivrer aux parents d’élèves des billets brouillons ou non conformes, autres que ceux officiellement produits par la province du Nord-Kivu. Cette mesure vise à uniformiser le système et à éviter les cas de fraude. Les billets officiels doivent impérativement être authentifiés par le CERNI avant d’être remis aux parents. Tout contrevenant s’expose à la rigueur de la loi”, a insisté Mashangiro Ngagi, directeur principal de l’éducation au Nord-Kivu au sein de l’AFC-M23.
Des inquiétudes planent dans la communauté qui redoute l’authenticité de ces documents parallèles à ceux qui seraient délivrés par le gouvernement congolais.
La rédaction