Lubero : à Vuyinga, la FEC peint un tableau sombre des activités commerciales suite à l’insécurité
Les affrontements entre les différents groupes armés dans plusieurs localités de la chefferie de Baswagha et le secteur de Bapère ont joué négativement sur les activités commerciales dans la partie ouest du territoire de Lubero. Le président de Fédération des entreprises du Congo (FEC) de Vuyinga a partagé cette triste réalité au cours d’une interview qu’il a accordée à RADIOMOTO.NET, ce dimanche 14 septembre 2025.
Musubao Katrisa a mentionné que les affrontements entre les FARDC et un groupe de Milicien basé sur le mont Muhola ont largement perturbé la vie des entrepreneurs dans différents secteurs. Parlant des récents massacres de Ntoyo en secteur de Bapère, cet opérateur économique note que les populations endurent une crise économique sans précédent.
Musubao Katrisa parle de l’inaccessibilité des certaines entités faute des bonnes infrastructures routières et le déplacement massif des populations.
« Nous vivons dans la peur permanente, mais nous n’avons qu’un seul protecteur : l’État. Nous attendons de lui qu’il assume pleinement sa mission de protéger sa population. La population est notre plus grande richesse : elle achète nos marchandises, travaille dans les champs, fait vivre nos villages. Mais avec l’insécurité, tout s’effondre : les gens fuient, le commerce est paralysé. Il devient même difficile de trouver une poule, une chèvre ou une vache. Même Butembo, qui nous approvisionnait en viande, n’y arrive plus à cause de l’insécurité. Nous avons besoin d’une réponse forte et rapide », a-t-il déploré.
Le président de la FEC-Vuyinga affirme que certains produits manufacturés ne sont plus visibles dans certaines localités de la chefferie de Baswagha. Musubao Katrisa ajoute que les quelques produits qui parviennent difficilement au marché ont un prix très élevé au point que les habitants n’arrivent pas à supporter le coup.
« L’insécurité a vidé nos champs. Résultat : les produits agricoles disparaissent, même les bananes. Le riz naturel que nous produisions est devenu rare. Les haricots de Maiba et les maïs ne se font plus voir. Le tout nous vient de Butembo. Les champs sont abandonnés, faute de sécurité. Tout cela entraîne : une faible circulation de la monnaie, une hausse des cas de vols, et une surpopulation dans les zones dites sécurisées, aggravant encore les problèmes. Nous lançons un appel : sécuriser nos zones agricoles, pour relancer la production et freiner cette spirale de pauvreté et d’insécurité », a-t-il plaidé.
Il convient de noter qu’il y a environ 8 jours depuis que les massacres sanglants des ADF a coûté la vie à plus de 64 civils dans la localité de Ntoyo dans le secteur de Bapere en territoire de Lubero.
Kakule Kilumbiro