Au sud de Lubero, l’accord de paix de Washington n’inspire plus confiance
Carte de Lubero au Nord Kivu
L’accord de Washington n’inspire plus confiance aux habitants du sud du territoire de Lubero, trois mois après sa signature entre la RDC et le Rwanda. Ce traité, qui vise à mettre fin au conflit du M23, est critiqué en raison de l’absence de résultats sur le terrain. Le doute s’est installé et les appels aux offensives contre le M23 se multiplient dans les zones sous occupation.
Cela fait exactement trois mois et 7 jours depuis la signature d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda à Washington. La signature de cet accord, qui vise à restaurer la paix dans l’Est du pays, avait suscité de l’espoir parmi les habitants des zones occupées, fatigués par les violences et les déplacements forcés.
Pourtant, 99 jours plus tard, la situation sur le terrain demeure inchangée : les combats se poursuivent, les massacres de civils se multiplient, et la vie reste un enfer dans ces zones.
Dans le sud du territoire de Lubero, occupé par le M23 depuis plus d’une année, le désespoir s’installe et l’attente d’un retour à la paix devient pressante. Un habitant, qui s’est confié à RADIOMOTO.NET, ce vendredi 3 octobre 2025, a exprimé son inquiétude face à l’absence des actions concrètes prévues par l’accord, qu’il juge plus théorique que pratique. Pour lui, il est temps que les FARDC lancent des offensives contre le M23 pour libérer la population.
“Le M23 ne recule pas. Le gouvernement congolais doit directement passer à l’offensive. Nous avons confiance à notre armée, et nous savons que c’est toujours cette armée qui pourra nous sauver. On n’a pas vraiment confiance à ces accords qui sont en train d’être signés tous les jours. On peut user de la force”, a-t-il soutenu.
C’est depuis plusieurs semaines que les combats ont repris entre les FARDC et le M23 dans les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru au Nord-Kivu. Au sud de Lubero, on signale un renforcement en hommes et en matériel du M23 sur plusieurs lignes de front, cela malgré les négociations de Doha et l’accord de Washington.
Samy Kitha