À Butembo, les habitants demandent un taux de change stable pour tirer profit de leurs activités commerciales
Face à la spéculation qui entoure le taux du dollar américain sur le marché de Butembo, les habitants réclament sa stabilisation. Ils estiment qu’une telle mesure leur permettrait de garantir la rentabilité de leurs activités commerciales et des services qu’ils fournissent. Dans le cadre de sa rubrique « Économie », RADIOMOTO.NET a mené une ronde, ce samedi 18 octobre 2025, pour faire le point sur le taux de change pratiqué dans les entreprises et sur le marché local.
Dans les maisons de télécommunications, le dollar américain se change à 2 000 francs congolais. Même situation chez les cambistes qui change un dollar à 2 000 ou 2050 francs, tandis que pour changer les francs en dollar, un dollar équivaut à 2 200 francs congolais.
Pendant ce temps, sur le marché des biens, le taux du dollar varie entre 2 000 et 2 500 francs congolais, selon le gré des opérateurs économiques. Dans les hôpitaux, selon les sources non officielles, un dollar américain varie entre 2 400 et 2 800 francs congolais, selon la structure officielle ou privée.
Dans les écoles, beaucoup appliquent le taux du marché. Dans d’autres écoles, on ne parle même plus du taux de change. Les frais scolaires sont perçus soit en francs congolais, soit en dollar américain selon qu’il s’agit d’une école officielle ou privée pour éviter de spéculation.
Malgré la baisse du taux de change, le cout d’achat des biens et services restent intacts, se désole une femme vendeuse des pagnes au marché. Elle plaide pour sa stabilisation pour que chacun en profite.
“En tout cas, on ne se comprend plus avec les clients. Ils nous viennent parfois avec les taux de 2200 francs et nous quand nous allons nous ravitailler, on nous fixe les taux à 2500 francs ou alors après la vente, vous avez gagné par exemple un dollar comme profit, aujourd’hui cela correspond à 2000 francs congolais, ou bien, vous avez gagné 0.5. Avec 1000 francs, sur le marché des vivres, manque quoi acheter. Nous appelons les autorités compétentes à stabiliser le taux pour que nous puissions aussi en profiter”, a-t-elle plaidé.
La même recommandation a été formulée par un conducteur de mototaxi rencontré sur avenue Matokeo.
“Jusque-là, nous ne bénéficions pas de la baisse du taux de change. Les clients n’acceptent plus le prix de la course. Ils avancent la baisse du taux comme motif. Et nous acceptons l’argent qu’ils nous proposent. Malheureusement, lorsque nous allons sur le marché pour acheter des vivres ou des pièces de rechange, c’est nous qui perdons. C’est pourquoi nous demandons aux autorités de stabiliser le taux. Comme ça, ils feront le suivi chez les commerçants, les vendeurs de vivres, par rapport à ces taux qu’ils ont donnés”, a-t-il insisté.
C’est depuis le début de ce mois d’octobre 2025 que le dollar américain connait une baisse. Cependant, cette baisse ne se sent pas encore chez la ménagère, car plusieurs produits de première nécessité gardent presque les mêmes prix qu’avant. Cas de prix de vivres.
D’autres marchands pour contourner la spéculation sur le taux de change ont fixé le prix de biens en francs, curieusement en valeur du taux de 29 ou 3 000 francs congolais, avons-nous constaté.
Joëlle Mwengevalwahi