Butembo : le service de genre, famille et enfants alerte sur la mauvaise gestion des couches Pampers dans les ménages
Dibi Mabanza Odile, cheffe du service urbain de genre, famille et enfants à Butembo. Ph. Esther Vwiravwahali/RMBB
Le service urbain genre, famille et enfants alerte sur la mauvaise gestion des couches Pampers dans les ménages en ville commerciale de Butembo (Nord-Kivu). Pour pallier ce défi presque observé dans tous les quartiers de la ville, une environnementaliste apprend aux mères comment gérer ces déchets.
D’entrée de jeu, la cheffe du service urbain de genre, famille et enfants s’est plaint, le vendredi 31 octobre dernier, au cours de la conférence organisée en faveur des organisations féminines et associations de la société civile à l’occasion de la journée internationale de la résolution 13 25 dans la grande salle de la mairie de Butembo.
Odile Mabanza Dibi a indiqué que la résolution 13 25, qui prône la paix et la sécurité, fait aussi référence à la protection de l’environnement. Elle alerte que les femmes gèrent mal les couches Pampers après utilisation, en les abandonnant sur les lieux publics, dans les eaux des rivières et des rigoles.
“Les Pampers sont abandonnés partout : au marché, dans les eaux… mais chers, nous devons protéger l’environnement. Les mouches passent par les endroits où nous jetons les Pampers de nos bébés et atterrissent sur les aliments que nous achetons au marché. Automatiquement, nous achetons des aliments déjà contaminés. C’est ainsi que l’on entend parler d’épidémies. En 2000, nous utilisions des couches en linges. Aujourd’hui, avec les Pampers, la ville devient de plus en plus sale. Et ce sont nous, les femmes, qui en sommes à la base”, a-t-elle interpellé.
Pour relever ce défi, RADIOMOTO.NET a rencontré Suzanne Mukohe, spécialiste en gestion de l’environnement. Elle invite les femmes à tremper cette couche Pampers chaque fois après usage. Ce geste permet de séparer très facilement les caoutchoucs de la patte à coton qui absorbe les excréments du bébé. La patte est alors jetée dans les toilettes alors que le caoutchouc doit être séché et brulé ou réutilisé comme cache-couche.
“Pour gérer les Pampers, il suffit de les tremper. Après usage, quand ils ont absorbé l’eau, ils gonflent. Ensuite, vous allez extraire la matière à l’intérieur, c’est comme la pâte du papier. C’est cette pâte qui gonfle dans les Pampers. Une fois que vous l’avez enlevée, vous étalez les caoutchoucs au soleil. Quand c’est sec, vous pouvez les brûler. La pâte, quant à elle, peut être versée dans les WC. C’est le moindre mal pour bien gérer les Pampers plutôt que de les jeter ou de les abandonner sur la voie publique”, a-t-elle conscientisé.
Dans plusieurs quartiers de Butembo, les couches Pampers sont visibles sur la voie publique, dans les poubelles et/ou ailleurs. Celles-ci deviennent, selon plusieurs observateurs, source des conflits pour plusieurs habitants. Gênés, certains habitants ont même installé des pancartes avec mention : « Apa hakuna yalala ya Pampers » comme pour dire cet endroit n’est pas une poubelle.
Esther Vwiravwahali