Accord de Washington : Nicaise Kibel’Bel Oka souligne les avantages considérables pour la RDC

La RDC gagne beaucoup de l’accord entériné, le jeudi 04 décembre dernier à Washington, par les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame. C’est ce qu’affirme Nicaise Kibel’Bel Oka, journaliste, éditeur du journal Les Coulisses et spécialiste en groupes armés dans la Région de Grands-lacs. Il n’est pas du tout favorable à un dialogue pouvant aboutir au partage de pouvoir. 

De Washington où il séjourne après avoir couvert la signature de l’accord de paix entre Kinshasa et Kigali, ce journaliste d’investigation se montre optimiste. Selon lui, la RDC a beaucoup gagné et une fois appliqué, l’accord permettra aux populations de la partie orientale de retrouver la paix et le bien-être et ainsi de jouir pleinement de la liberté et du développement de leur pays.

« La République démocratique du Congo gagne beaucoup dans cet accord. N’oublions pas que cela fait 30 ans que l’Est de la RDC est devenu un champ libre, une zone de non-droit, où l’armée rwandaise peut se promener sans être inquiétée. Elle peut entrer, piller les minerais, que ce soit à Rubaya, à Lweshe ou ailleurs au Sud-Kivu, et repartir sans aucune sanction. Alors, un tel accord représente un grand gain pour la RDC, dans la mesure où il réaffirme la souveraineté de la République Démocratique du Congo sur ce territoire », a-t-il analysé.

À la question de savoir quelle place a actuellement un dialogue entre congolais, Nicaise Kibel’Bel croit que l’idée est mal venue d’autant plus que tous les dialogues congolais aboutissent au partage de pouvoir. Pour lui, maintenant qu’on a des institutions qui fonctionnent, on doit laisser le signataire de l’accord veiller sur son application et finir son mandat. 

« Les dialogues, on ne peut pas les refuser. Le dialogue, c’est un exercice permanent entre les citoyens. Mais il ne doit pas être un prétexte pour un partage du pouvoir. Nous avons un président élu, dont le mandat court jusqu’en 2028. Attendons la fin de ce mandat, puis allons aux élections pour voir si une autre personne est choisie. Parce que dialoguer aujourd’hui dans l’optique d’un partage de postes reviendrait à relancer une transition, à annuler tout ce qui a été construit jusque-là. Celui qui a signé les accords doit être le premier responsable de leur application correcte. Je le répète : à l’heure actuelle, un dialogue politique est inopportun, car les institutions de la République fonctionnent. Il faut plutôt veiller à la mise en œuvre effective de l’accord signé à Washington », a-t-il insisté.

Il évoque également le fait que les dialogues précédents ont facilité l’infiltration dans les institutions du pays à tous les niveaux et dans les services de défense et sécurité. Il pense que les congolais doivent éviter cette habitude de prendre les armes pour ensuite exiger un dialogue.

Stanley Muhindo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *