Butembo : l’IBTP débat de l’ingénierie et du développement durable

L’Institut de bâtiment et des travaux publics (IBTP) de Butembo a organisé, ce vendredi 23 janvier 2026, une journée scientifique. Les activités se sont déroulées dans l’un des auditoires du site Ntumeli à Saba. La grande thématique était : « L’ingénierie et le développement durable ». 

Au nom du directeur général, le professeur Amboko Muhiwa, secrétaire général à la recherche, a noté que, dans le contexte actuel, l’ingénieur n’est plus à considérer comme un simple ouvrier, mais un acteur majeur dans la recherche des solutions aux problèmes de la société à l’heure où le monde fait face au changement climatique et à l’urbanisation croissante. 

Plusieurs orateurs se sont succédé pour exposer les résultats de leur recherche. Le professeur Ndemo Mbasa a parlé de la « conception résiliente face aux risques climatiques ». Selon lui, les ingénieurs et les architectes ne doivent plus ignorer dans leurs conceptions et l’exécution des travaux l’idée de la lutte contre le changement climatique. Il est question d’éviter les dégâts dus aux catastrophes naturelles. Prenant le contexte de Butembo, le professeur Mbasa pense que, dans la bonne gouvernance urbanistique, l’État doit identifier les zones à risque et penser à délocaliser les occupants pour les installer dans les zones stables.

« Parce que la première des choses, les garanties que nous devons avoir, d’abord, c’est de s’assurer que nous avons identifié toutes les zones à haut risque. La population, les gouvernants, tous prennent conscience que ce sont des zones à haut risque et que l’on ne peut pas autoriser telle ou telle autre personne d’y habiter. Mais c’est ça, le grand souci que nous avons. L’État, bien sûr, est le garant de la nation. S’il y a des gens qui habitent dans des zones à haut risque, l’État aussi a le devoir de les relocaliser ailleurs pour voir comment les protéger”, a-t-il expliqué. 

De sa part, le professeur Kamili Jean-Paul a développé la thématique sur « la résilience urbaine dans un contexte de changement climatique à Butembo et les enjeux de la communication ». Il explique que la crise communicationnelle entre les autorités et la population sur les risques dus au changement climatique fait que les populations construisent dans les endroits dangereux comme le long des rivières et sur les pentes. Le chercheur fustige d’ailleurs le fait que les autorités soient les premières à proposer des parcelles aux individus dans les zones dangereuses.

« Il y a la gouvernance, il y a la population. En fait, la gouvernance est à la charge de la population. Mais il y a un problème, c’est que la gouvernance, parfois, communique moins. Il y a une loi qui interdit les constructions au bord des rivières. Alors, est-ce que l’État communique autour ? Peut-être très peu. Tandis que certains services continuent à vendre les parcelles situées sur Wayimiria et sur le Kimemi. Et ils connaissent la loi. Mais vous avez besoin d’une parcelle ? Oui, oui, viens, je vais te donner une partie ici. Et on est en janvier. Déjà mars, il pleut et vous ne savez pas que faire. Alors, il existe un décalage entre la norme et la loi, mais aussi la communication institutionnelle. Et cette réalité-là, nous la vivons sur le terrain », a-t-il démontré. 

Au terme de la journée scientifique, les participants se sont encouragés à s’approprier les notions apprises dans le but de mener des recherches pouvant conduire à la limitation des dégâts provoqués par le changement climatique.        

Kakule Kilumbiro

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