RDC – Anniversaire du M23 : « 17 ans d’accords mal négociés » (Analyse)

 

La naissance du M23 est une conséquence des accords mal négociés entre le gouvernement congolais et la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple, CNDP en 2009. C’est ce que pense l’Assistant Muhindo Muhesi Reagan, analyste politique et enseignant en Sciences politiques en ville de Butembo. Nous l’avons approché ce lundi 23 mars 2026, ce jour où les fameux accords commémorent leurs 17 ans de signature.

Cet enseignant à l’Université Catholique du Graben, UCG a, tout d’abord déploré le fait que les différents accords déjà signés n’ont pas abouti à la paix durable tel que voulu par les congolais. Particulièrement celui entre la rébellion pro-rwandais CNDP et le gouvernement congolais, l’Assistant Muhesi Reagan estime que l’état de faiblesse dans lequel se trouvait le gouvernement devant les rebelles n’avait pas permis des bonnes négociations. Plusieurs erreurs ont alors été commises et ont présidé à la naissance du M23 qui continue jusqu’aujourd’hui.

« Nulle part dans l’accord, on ne condamne le fait de prendre les armes. La loi est claire, en fait, tout le monde qui prend les armes contre son pays, il est traité comme tel, comme un rebelle et la rébellion c’est une infraction. La deuxième erreur c’est d’accorder tout ce que le CNDP a demandé, on gratifie quelqu’un qui a pris les armes contre son pays ? Je crois que la RDC aussi s’engage trop, donc donne beaucoup de promesses que les réaliser devient aussi difficile », argumente notre analyste.

A cela, il ajoute le manque de sérieux dans le chef des négociateurs gouvernementaux qui ne réussissent toujours pas à s’imposer devant la partie adverse. Parlant des processus de paix en cours, l’enseignant n’est pas du tout convaincu de l’issue. Il estime que les accords récemment signés n’inspirent pas confiance quand on voit l’engagement du gouvernement à neutraliser les FDLR alors qu’il n’a pas accès aux zones où ils sont censés être. A l’en croire, les dirigeants doivent éviter l’hypocrisie et le populisme en matière de recherche de la paix.

« Il ne suffit pas de dire qu’on ne veut pas négocier avec la rébellion et entre temps ne rien faire sur terrain. Ça signifie que la rébellion prend l’ascendance et finalement, elle t’impose une négociation. Ça signifie que ce n’était pas suffisant de crier contre le Rwanda; mais entretemps c’était aussi le temps d’investir dans l’armée … », analyse-t-il.

Il invite la population à s’armer de courage et d’espoir. L’accord de paix du 23 mars 2009 signé à Goma entre Kinshasa et le CNDP avait transformé le CNDP en parti politique et exigé de Kinshasa la promulgation d’une loi d’amnistie des anciens rebelles. Ces derniers devaient également intégré l’armée, la police et l’administration, le brassage et mixage.

Stanley Muhindo

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