Butembo : ce qu’on sait de l’évasion des détenus à la prison de Kakwangura
La prison urbaine de Butembo-Kakwangura a enregistré une évasion, la nuit de jeudi 2 à ce vendredi 3 avril 2026. Selon des sources de la direction de la maison de peine, la garde est intervenue pour dissuader l’action de ces daltons. Mais c’était seulement en 50 %.
Sur les quatre détenus en action d’évasion, la moitié n’a été interceptée. Il s’agit d’un qui a été touché par balle et mort sur le champ et l’autre capturé. Deux autres ont réussi à s’échapper. La destination de ces derniers est méconnue. La direction de la prison n’a pas ajouté d’autres détails à ce sujet. Mais elle a demandé à chacun d’être vigilant et à dénoncer les personnes qui courent illégalement dans la nature.
Le maire, la police, l’armée et les renseignements de Butembo ont été sur place pour constater et amorcer les enquêtes. Pendant leur mission, toute visite caritative a été interdite tout l’avant-midi avant de reprendre aux heures de midi de ce vendredi Saint 2026.
La situation a un peu choqué les défenseurs des droits de l’homme et les bonnes volontés qui étaient présents pour assister judiciairement ou en vivres et non-vivres. C’est comme Maitre Samy Saghasa qui a indiqué que les mauvaises conditions carcérales sont parmi les facteurs de l’évasion des détenus. D’où son appel à l’amélioration des conditions des personnes qui sont en correction à Butembo-Kakwangura.
“D’abord, la prison n’est pas bien construite et on devrait construire une prison spacieuse parce que la capacité d’accueil de cette prison est de 200 prisonniers. Mais, aujourd’hui, c’est au-delà de 1400. L’environnement n’est pas réellement sain, il n’est pas propice. Alors, les autorités doivent faire de leur part en construisant une bonne prison, une prison appropriée, mais aussi prendre en charge ces prisonniers. Parce que quand nous leur avons rendu visite à l’intérieur, nous nous sommes rendu compte que la plupart d’entre eux sont affamés. Ils sont affamés, d’abord ils n’ont pas de place où s’asseoir. Alors, ce sont des personnes comme nous, parce que la vie, selon notre constitution, elle est d’abord garantie”, a-t-il déploré.
C’est la même observation des membres de la CEVB de Vusenzera qui disent avoir visité des personnes qui frôlent tout le temps la mort. Les riverains de la prison déplorent les conditions critiques qui débouchent de la prison. Ils ont alerté qu’ils souffrent du déversement des excréments des prisonniers et d’autres détritus sur les routes et leurs parcelles, mais également des affres des évasions intempestives. C’est pourquoi, ils plaident pour la délocalisation de la prison dans un autre lieu loin de la vie et des activités publiques. C’est ce qu’émet cette femme voisine de la prison.
Plusieurs défenseurs des droits humains dénoncent régulièrement les conditions des prisonniers à Butembo. La malnutrition, l’environnement non assaini, le détournement de la prise en charge des détenus, l’insécurité générale, etc., sont toujours des faits reprochés au gouvernement.
Patrick Kalungwana