Lubero : des activités commerciales peinent à se relever à Vuyinga malgré une accalmie
Malgré l’accalmie qui s’observe dans l’agglomération de Vuyinga et environs à l’ouest du territoire de Lubero, les activités commerciales peinent à se relever pour de multiples raisons. Le président de la FEC-Vuyinga, que nous avons joint au téléphone ce jeudi 7 mai 2026, remercie les services de sécurité pour le travail déjà abattu pour la protection des civils.
Toutefois, Musubao Katirisa revient sur les grandes difficultés que connaissent encore les opérateurs économiques dans la réalisation de leurs activités commerciales. C’est entre autres l’impraticabilité de la route Musingiri-Vuyinga et la multiplicité des barrières.
On y observe, selon lui, le péage-route, les barrières de différents groupes armés et de services de l’État. Partout là, les usagers de la route déboursent de l’argent pour mériter le passage. Ce qui impacte négativement sur la vie des populations, se désole Musubao Katirisa.
« Partout où nous arrivons devant ces barrières, nous donnons de l’argent. À la barrière de contrôle qui se trouve à Maboya, il y a certains articles interdits de passer par là. C’est comme les médicaments, les carburants, les clous, les fils, les bougies et d’autres articles que je ne cite pas ici. Tout cela met à mal les activités des opérateurs économiques. En conséquence, la vie sur le terrain reste invivable », a-t-il fait savoir.
Au-delà de cette situation calamiteuse, le président de la FEC-Vuyinga déplore la maltraitance dont les opérateurs économiques sont victimes de la part des agents du service de l’économie.
Musubao Katirisa plaide pour une coopération entre les services étatiques et les opérateurs économiques, surtout que la plupart viennent des régions sous emprise de l’ennemi et se retrouvent à Vuyinga comme des déplacés de guerre.
« Le service de l’économie dans ses activités de routine, le responsable ne s’entend pas avec les opérateurs économiques. Il nous dit qu’il est autorisé à réaliser ses contrôles de 8 heures jusqu’à même vers 21 heures. Il vous menace, il vous demande de l’argent que vous ne saurez pas trouver. Tout cela fait peur aux opérateurs économiques. Ils ne savent plus comment protéger les quelques marchandises qui ont échappé au feu de l’ennemi. Voilà, d’autres veulent les ravir. Tout cela fait peur aux opérateurs économiques. Ils ne savent plus à quel saint se vouer », a-t-il regretté.
Les villages autour de Vuyinga ont été secoués par le massacre des populations et les incendies des maisons et engins roulants par les présumés ADF depuis le début de 2025. Depuis lors, plusieurs villages se sont vidés de leurs occupants. Ceux-ci sont allés se concentrer au centre de Vuyinga où ils endurent une vie difficile.
Kakule Kilumbiro