Ituri : la société civile saisit le CSAC contre le lieutenant Jules Ngongo pour « dérives médiatiques »
La société civile, forces vives de la République démocratique du Congo, vient de saisir le Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC) pour les dérives médiatiques constatées dans les interventions du lieutenant Jules Ngongo, porte-parole des FARDC en Ituri.
Dans sa lettre ouverte du 10 juin, la société civile, forces vives, rappelle la nécessité de veiller au strict respect des principes d’éthique, de déontologie professionnelle et de responsabilité dans la communication publique. Cette structure insiste sur le contexte sécuritaire de l’Ituri où chaque mot compte.
Jean Bosco Lalo, coordonnateur national de la société civile, forces vives, demande au CSAC de prendre ses responsabilités et de convoquer le responsable de la radio FARDC/Ituri qui, selon la société civile, est l’auteur des messages qui divisent au lieu d’unir.
“Premièrement, les messages diffusés divisent au lieu de rassembler. Dans une province meurtrie comme l’Ituri, chaque mot compte. Une radio ne doit jamais opposer les communautés. Deuxièmement, des faits graves sont niés. Le 28 avril 2026, des centaines de nos frères et sœurs ont été odieusement massacrés dans la région de Pimbo Pasa. Des corps n’ont toujours pas de sépulcre. Pourtant, la RTFI a nié ces attaques jusqu’à aujourd’hui. Troisièmement, élus, acteurs de la société civile, leaders communautaires, tous ceux qui osent critiquer sont intimidés publiquement sur cette radio. Début octobre 2024, le président de l’Assemblée nationale, Vital Kamerhe à l’époque, avait déjà alerté. Il avait demandé des sanctions. Deux ans plus tard, rien n’a changé. Nous demandons au CSAC, gardien de l’éthique médiatique, d’agir concrètement. 1. Auditer les contenus de la RTFI. 2. Convoquer les responsables. 3. Rappeler à cette radio sa mission première : informer, unir. Nous saluons les efforts du chef de l’État et la nomination du général Kasongo Mulumba Gaby. Mais la paix se gagne aussi sur les ondes. Et la radio de l’État doit servir tout le peuple, pas le diviser », a-t-il déclaré.
Esdras Kaghoma