Goma : la campagne « Hange na Mazuku » sensibilise les élèves sur les dangers mortels du CO2
Une initiative pour faire comprendre la gravité de la menace existentielle due aux dioxydes de carbone, dits Mazuku dans plusieurs coins de la ville et ses environs, a été lancée ce lundi 19 octobre 2026 par le journaliste environnemental Daniel Makasi, producteur de Tetea Mazingira, en collaboration avec IUGS Young Reporters dans le cadre de la campagne Hange na Mazuku. Pour cette première journée, un atelier d’échange a été organisé à l’Institut Nyabwunyu, situé dans le quartier Lac Vert, au nord de la ville, afin, selon son porteur, de contribuer au renforcement de la prévention des risques liés à ce phénomène mortel.
Tout a tourné autour du thème : les risques liés aux zones à forte concentration en dioxyde de carbone, à Goma. Devant plus de cinquante élèves, pris en échantillon, et leurs encadreurs, des experts en environnement et en éducation aux médias et à l’information ont animé l’activité.
Le chercheur à l’observatoire volcanique de Goma, Abel Minani, a rappelé que les habitants vivent quotidiennement avec ce danger, avant de donner certains réflexes préventifs de base contre le mazuku.
« Pour se protéger, en tout cas le premier réflexe c’est d’éviter ces endroits. Les enfants qui sont de moindre taille, et les personnes de taille moyenne doivent les éviter. Pour tenter de sauver une victime ou une bête, il faut se rassurer de porter un masque anti-gaz. Les espaces caractérisés par une forte concentration en CO2 sont actuellement lotis. Un grand risque. Tout ce que nous pouvons dire, c’est d’éviter de croire que le Mazuku a disparu », a-t-il expliqué.
Le journaliste et communicant intéressé par l’éducation aux médias et à l’information, Katembo Mbuto Victoire, a présenté les conséquences de la désinformation et des fausses rumeurs sur la prévention contre le Mazuku. Selon lui, ce désordre informationnel banalise les dangers, encourage des comportements à risque, provoque la panique et expose les populations.
Il a ainsi demandé aux participants de développer un esprit critique et de privilégier les médias crédibles avant de véhiculer toute information. Cette action de sensibilisation a visé les élèves et les jeunes, considérés comme potentiellement victimes en raison de leurs mouvements imprudents dans ces zones.
Au terme de l’atelier, ils se sont dits bien outillés et ont affirmé qu’ils ne tomberont plus dans le piège des Mazuku, promettant une vulgarisation intense des enseignements acquis dans leurs familles et dans la communauté.
I. « Je viens de retenir que les Mazuku sont dangereux et qu’il ne faut y aller rapidement si l’on n’a pas de moyen de protection ». II. « Il faut prévenir la communauté, je dois aller les informer que le gaz est dangereux et expliquer comment se protéger », ont déclaré deux élèves.
Le responsable de l’Institut Nyabwunyu, Hangi Nyangwi Jean-Claude, a quant à lui salué le choix porté sur son école, estimant que cela contribuera à réduire les risques liés aux Mazuku et à renforcer la protection des communautés locales. Des recherches menées sur cette question entre 2017 et 2021 par plusieurs élites scientifiques ont montré que les mazuku tuent les animaux, les insectes et les humains. En moyenne 6 personnes perdent la vie chaque année asphyxiées par ces gaz, présents principalement dans les quartiers Himbi, Kyeshero et Lac Vert, ainsi que dans d’autres zones localisées au pied des volcans Nyiragongo et Nyamulagira, comme Mubambiro, Sake, Tongo, Katale, Bulengo et Rumangabo.
Ghislain Siwako