Paralysie des activités à Butembo : « La pilule est amère mais il faut la boire dans l’espoir de respirer la paix » (Des habitants)

La ville de Butembo (Nord-Kivu) a vécu, ce vendredi 9 avril 2021, la cinquième journée consécutive sans activités ordinaires. Les mouvements citoyens et groupes de pression exigent le départ de la MONUSCO de la République Démocratique du Congo, accusée de passivité dans l’exercice de ses missions. Pour plusieurs habitants, « les 10 jours sans activités sont une pilule amère, mais il faut la boire dans l’espoir de respirer la paix ».

Ce vendredi, il n’y a pas eu de circulation intense des personnes et de leurs véhicules. Des activités académiques ou scolaires sont aussi restées paralysées. Des travaux de construction des maisons et réhabilitation des routes, des activités commerciales ont été paralysés  à coté des marchands des produits de première nécessité ayant travaillé dans les quartiers se trouvant à l’intérieur de la ville.

A cette cinquième journée de léthargie d’activités humaines à Butembo, les habitants apprécient la lutte de la population pour le départ de la Monusco et le rétablissement de la paix à l’Est de la RDC. A l’unisson, la plupart de nos interlocuteurs saluent cette lutte qu’ils qualifient d’interpellatrice des personnes sensées protéger les personnes et leurs biens.

« Même si cela impacte négativement sur l’économie et le calendrier vital de chacun, il fallait respecter le message des organisateurs qui dénoncent haut ce que nombreux citoyens disent en silence. Manquer à gagner, pour rechercher la paix, on assume », déclare cet habitant se confiant à RADIOMOTO.NET.

A cet autre d’ajouter « Nous refusons la MONUSCO et c’est comme ça. Nous n’avions jamais pensé qu’une personne serait égorgée comme une chèvre. Ces gens-là qui signent des accords avec eux, qu’ils nous aident vraiment, et s’ils ont les intérêts de la MONUSCO, qu’ils arrangent entre eux là-bas parce que nous on ne veut pas porter leur croix ».

Plusieurs autres habitants ajoutent que s’il y a résurgence de cas de l’insécurité après ce moment d’interpellation, « on dira, comme les évêques de la CENCO, que des complices des massacres seraient dans les forces de défense et de sécurité actives à l’Est de la RDC ».

Outre l’absence de personnes en grand nombre et la paralysie des activités, cette cinquième journée de lutte pour le départ de la MONUSCO et le rétablissement de la paix a été caractérisée par les manifestations de certains jeunes. Des dégâts humains et matériels ont été déplorés.

Par ailleurs, le survol des hélicoptères de la MONUSCO sur Butembo était également à la base des commentaires populaires qui ignoraient « la raison de ce passage aérien et presque gênant ».

Patrick Kalungwana

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