Goma : la vente de l’ananas devenue une passion pour l’entrepreneure Neema Marie

Alors que certaines femmes consacrent une bonne partie de leur temps à se maquiller, à commercialiser du sexe ou à ne s’enfermer que dans leur chambre à suivre à longueurs des journées des séries ou des films, plusieurs autres passent par contre leurs temps à entreprendre, en laissant le courage prendre le dessus sur la paresse et l’oisiveté.

En ville de Goma, plusieurs femmes ont pris le courage de briser certaines barrières en empruntant la route de l’entrepreneuriat. Habitant en ville de Goma capitale du Nord-Kivu, Neema Marie, est une femme entrepreneure qui n’a que deux enfants. Depuis plus de 5 ans, elle a opté pour la commercialisation des produits agricoles et en singulier l’ananas.

Nous l’avons rencontrée en plein travail au centre-ville, en provenance du marché de Kituku, où elle se ravitaille en marchandises.

Des révélations qui suscitent du gout d’entreprendre

Bassin d’ananas sur la tête et saut de morceaux  d’ananas épluchés à la main, Neema Marie se souvient encore de la façon dont elle commençait son activité, l’âge et le capital qu’elle avait à l’époque.

« Je n’avais que 15 ans quand je me lançais dans le commerce de l’ananas, aujourd’hui j’ai 21 ans. Je n’avais aucun autre choix à faire si ce n’était d’entreprendre. Mon capital était trop petit : rien que 20.000 francs Congolais ». se souvient-elle.

Grace à la persévérance, son capital est passé aujourd’hui « à moins 200 milles francs Congolais ». Chaque jour, selon le coût d’achat, elle gagne un profit qui varie … « Mon profit dépend du capital investi pour l’achat. Il varie entre 5 milles, 7 milles, 10  milles francs Congolais voire plus », fait-elle savoir.

Et cela fait qu’aux côtés de son Mari, Neema sache contribuer à la stabilité économique de son ménage… « Oui, ce travail m’aide beaucoup. Quand mon mari est en difficulté, je lui viens directement en aide. Les souliers de mes enfants tout comme les miens propres, c’est moi qui les paie à mes frais, et je vois en tout cela, le vrai rôle de mon commerce », témoigne Neema.

Un travail fatigant et plein de risques

Avec sur sa tête un bassin d’ananas dont le poids varie entre 30 et 60 kilogrammes toute la journée, à parcourir des longs kilomètres en pieds à la recherche des consommateurs de son produit, ou encore franchir la route à tout moment au grand risque de se faire tamponner par les engins roulants,… c’est entre autres les risques liées à la vente d’ananas… « Ce travail est très fatigant. Mais aussi il présente le risque d’être tamponné car presqu’en tout moment on est sensé franchir la route. Mais Dieu nous protège », fait entendre Neema.

Brave jusqu’au bout

Les risques liés à son travail n’empêchent pas Neema de foncer sans décolérer et inviter les autres filles et femmes à la culture de l’entrepreneuriat en disant « Le conseil que je prodigue aux filles c’est de s’investir dans l’entrepreneuriat et d’éviter la mendicité auprès des garçons. Car un garçon ne saura te donner deux ou trois fois son agent sans te demander ton sexe en retour. Mes sœurs et mamans, tenez : l’entrepreneuriat est très indispensable ».

John Tsongo

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