16ième anniversaire de la Constitution de la RDC : « Un beau texte, mais difficilement respecté par les dirigeants» (Analyse)

Le 16ième anniversaire de la Constitution de la République Démocratique du Congo se commémore ce 18 février 2022. Il s’agit des textes fondamentaux légiférés et approuvés depuis 2006 pour servir de garde-fou à tout congolais et base de la promotion des droits et devoirs des congolais. Ces textes ont-ils une force majeure aujourd’hui pour contraindre les politiciens à mener leurs actions pour l’intérêt du Peuple ?

Cette question a été au centre d’un entretien entre RADIOMOTO.NET et un juriste et chercheur scientifique. Notre interlocuteur, Maitre Moise Kakule Kikondo, a répondu que de manière générale, le texte fondamental de la RDC renferme cette force contraignante d’agir sur l’action des politiques. C’est un contrat social qui s’impose à tous, de par d’ailleurs son article premier qui dit que la RDC est un Etat démocratique.

« Lorsque la Constitution nous apprend que le pouvoir c’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple, c’est une force qu’elle booste dans tous les citoyens congolais. Alors, il revient à ces citoyens de manifester cette force. C’est à partir de ça, que je veux dire que les politiciens doivent cesser avec leur slogan « tutawateteya » (Nous allons défendre vos droits, Ndlr). Puisque, lorsqu’ils disent « tutawateteya », ils font semblant de faire croire au peuple que eux avaient des aptitudes spéciales par rapport au peuple. Au lieu de dire « tutawateteya », je souhaiterais que ces politiciens passent à des actions qui favorisent la formation à l’éducation civique des citoyens congolais afin qu’ils soient en mesure de se défendre eux-mêmes », argumente-t-il.

Durant ces 16 ans, ceux qui sont sensés respecter et faire respecter la Constitution ont-ils joué leur rôle convenablement ? A cette autre préoccupation, Maitre Moise Kakule Kikondo analyse que ce respect semble être perceptible plus du côté de gouvernés que du côté des dirigeants qui, poursuit-il, jouent à une démocratie menteuse, une démocratie de façade

« Lorsque les dirigeants africains posent leurs actes, ils font toujours de leur mieux pour que ces actes apparaissent de manière extérieure comme étant dans la logique de la Constitution. Mais lorsque vous faites une analyse là-dessus, vous comprenez que c’était juste un respect de Constitution de façade. La RDC n’échappe non plus à ce fléau », se désole notre interlocuteur.

En fin de l’entretien, le juriste et chercheur scientifique a recommandé aux anciens d’enseigner la Constitution aux jeunes. A ces derniers,  Maitre Moise Kakule Kikondo conseille de maitriser la Constitution afin de respecter et la faire respecter pour le bien-être de tous. Notons que la Constitution de la RDC compte 229 articles.

Patrick Kalungwana

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