Butembo : « Charger les hommes armés souvent arrêtés par la police peut réduire leur activisme » (Société civile)  

Pour la société civile, noyau de Mususa dans la ville de Butembo (Nord-Kivu), l’activisme des porteurs d’armes serait entretenu par les bandits libérés faute de charges. Le président de la structure citoyenne s’est ainsi confié à RADIOMOTO.NET le lendemain d’une incursion nocturne repoussée en cellule Vukula du quartier Biondi, à une heure de mercredi 06 avril 2022. Pour lui, charger les hommes armés que la police arrête dans des opérations nocturnes ou diurnes à Butembo peut réduire leur activisme dans la ville.

Maitre Moise Ndekeyonge a émis cette piste de solution après un constat de la résurgence du banditisme urbain en commune Mususa et dans d’autres municipalités de Butembo. A Mususa, singulièrement, il dit que sa structure enregistre, depuis l’incursion des hommes armés au Centre hospitalier Vukaka, plusieurs autres faits d’insécurité.

« Pillage des biens dans des maisons, tortures des habitants, troubles à l’ordre public par crépitement des balles sont autant de gaffes que commettent, en toute quiétude, des porteurs de fusils ou d’armes blanches », décrit le président de la société civile de Mususa.

En saluant le fait que certains auteurs de ces actes sont arrêtés, Maitre Moise Ndekeyonge pense que ces mêmes suspects reviennent dans la communauté quand la population ou les services compétents ne les ont pas chargés, selon les prescrits judiciaires. D’où son appel à tous de, non seulement alerter sur l’insécurité et dénoncer les suspects, mais aussi d’apporter des preuves ou des indices de culpabilité afin que la justice s’occupe des suspects immobilisés.

« Des mois passés, on avait mis la main sur une trentaine de kasukwistes qu’on avait présentés à l’ANR. Il y avait une petite accalmie. Malheureusement ces gens-là avaient été relaxés par manque de charges. Que la population prenne quand même le courage de venir les charger. Parce qu’on les arrête, mais pour venir les charger, la population a peur encore », se désole-t-il.

Outre ces recommandations, le président de la société civile noyau de Mususa voudrait voir les autorités, du chef de cellule au maire de Butembo, peaufiner de nouvelles stratégies qui permettent à la ville et ses occupants de recouvrer le calme.

A noter que le dernier cas d’insécurité déploré à Butembo est l’incursion des porteurs d’armes blanches en cellule Vukula du quartier Biondi, dans la commune Kimemi, à une heure de mercredi 06 avril 2022. Vigilante, la population a dérouté l’objectif des semeurs de troubles, se réjouit, pour sa part, le comité de la société civile noyau de la commune Kimemi.

Patrick Kalungwana

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