Beni : près de 700 déplacés sans assistance à Ihunga
Plus ou moins 700 déplacés de guerre vivent dans le village de Ihunga, localité Muramba-Ighaviro en groupement Basongora, secteur de Ruwenzori dans le territoire de Beni (Nord-Kivu). Le secrétaire administratif de ce village a lancé cette alerte ce vendredi 06 Mai 2022. Il parle des conditions de vie difficiles dans un milieu sans eau potable ni centre de santé de référence proche.
Ces déplacés ont fui, depuis le 04 avril dernier, les attaques rebelles à Masambo, Ngingi, Luseke et Bughumirya. Selon le secrétaire administratif de Ihunga, ces déplacés restent dans ce milieu sans aucune assistance du gouvernement congolais. Il indique que seuls les autochtones se démènent pour les assister en vivres.
« Aucune assistance jusque-là. Pas d’aide alimentaire, n’eussent été les autochtones », a confié Kakule Mudaku.
A ce niveau, le bureau de ce village à plus ou moins 10 km du poste frontalier de Kasindi plaide en faveur de ces déplacés de guerre et reste confiant aux propos tenus récemment à Kasindi par le gouverneur militaire « soucieux de voir la paix revenir ». Pendant ce temps, Kakule Mudaku a précisé que l’enregistrement de ces déplacés de guerre est en cours.
« Nous sommes en train d’enregistrer chaque jour les déplacés de guerre qui arrivent chez nous. C’est pour constituer un rapport selon la recommandation de la hiérarchie », a-t-il indiqué.
Difficile de survire
Le manque d’eau potable, d’une route pour les camions et d’un centre de santé de référence proche sont parmi les grands problèmes documentés à Kinyatsi-Kyambilo dans le village Ihunga. Les habitants de ce village, qui vivent dans cette vulnérabilité, comptent sur l’appui des autorités de cette partie du secteur de Ruwenzori et celui des élus du peuple qui maitrisent depuis longtemps cette situation inquiétante.
« Les autorités sont suffisamment informés. Les députés étaient de passage ici il n’y a pas longtemps, mais aucune réponse. Pourtant nous avons même une source d’eau un peu plus près d’ici, mais nous manquons celui qui peut nous amener même un tuyau. Un autre défi, nous avons seulement des postes de santé. Lorsqu’une femme veut accoucher, elle doit être transportée sur brancard jusque Kasindi ( Au moins 10 km) », a alerté le chef de Kinyatsi, Muhindo Kithi Freddy, rencontré au centre Maskara à Ihunga.
C’est l’activisme des rebelles qui a accentué le calvaire des populations dans cette région du Nord-Kivu. Malgré l’instauration de l’état de siège depuis maintenant une année, les déplacements de la population sont signalés dans plusieurs villages du territoire de Beni. A part la suspension des cours dans plusieurs localités, c’est le déroulement normal des messes dans plusieurs églises qui est déjà perturbé.
Héritier Ndunda