Une année depuis l’éruption du Nyiragongo : plusieurs sinistrés abandonnées à Goma

C’est le dimanche 22 mai 2022 qu’une année s’est clôturée depuis que le volcan du Nyiragongo (Nord-Kivu) entrait en récente éruption. Cette situation avait entraîné des morts et une destruction collective des maisons d’habitation. La catastrophe avait fait des sinistrés qui, jusqu’ici, sont les uns dans des familles d’accueil, les autres dans des camps des sinistrés, où ils mènent une vie très loin du confort.

Après 365 jours, RADIOMOTO.NET est allé à la rencontre des sinistrés basés dans le camp de Kisoko/Katoyi, en pleine ville de Goma, en municipalité de Karisimbi. Ici, tristesse et chagrin se lisent sur le visage des populations qui crient à l’abandon.

“Nous ne bénéficions d’aucune assistance. Même pas de la part de l’État. Nous nous questionnons sur l’existence de l’Etat. Tu tombes malade, tu n’as même personne qui te soigne. Tu ne guéris que par la grâce Divine !”, lâche cette femme.

Une autre à coté poursuit “Ici, nous souffrons. Entre famine et malheur. Les enfants tombent malades et guérissent miraculeusement. Et pour les femmes enceintes c’est encore compliqué.”

“Il nous arrive de passer des nuits sans manger. Et nombreux tombent dans le comas faute de nourriture. Des fois vous pouvez trouver un bienfaiteur qui vous donne 500 FC. Mais on ne sait pas repartir cette somme pour l’achat de l’eau, de la farine, la braise, la sauce,… Et finalement on est perplexe”, se désole celle-ci.

Ces personnes en détresse comptent sur l’aide du gouvernement et des bonnes volontés.

“Que les autorités nous viennent en aide. Nous aimons notre fief. C’est Buhené. Qu’elles viennent nous y construire, pour que nous nous sentions à l’aise chez nous”, plaide l’une de ces femmes contactées.

Pendant ce temps, cette autre s’interroge “Comment admettez-vous que nous vivions sous ces odeurs insupportables ? Des gens viennent jeter des fœtus ici. D’autres viennent y déféquer. Pour l’instant, ce qui surpasse toutes les aides, c’est nous construire des maisons”.

Le soir du samedi 22 mai 2021, le volcan Nyiragongo vomissait sa lave contre toute attente, sans alerte de l’OVG encore moins des autorités compétentes. Tout à coup, la panique gagnait la population. Pleurs et embardas, embouteillages inédits et montée du coup du transport, perte d’enfants ou encore en vies humaines s’en étaient suivies.

Aujourd’hui, l’observatoire volcanologique de Goma s’active à corriger les erreurs du passé, en renforçant le système de surveillance volcanologique, comme l’a précisé le Directeur Général de l’OVG, le professeur Adalbert Muhindo Syavulisembo, lors d’une journée portes ouvertes organisée ce dimanche, à l’occasion du jubilé de carton de la récente éruption.

Lors de l’éruption de 1977, nous n’avions presque pas d’équipements. Aujourd’hui notre réseau est composé de 18 stations sismographiques, pourtant en 2002 nous n’en avions que deux. Maintenant nous avons des GPS qui essaient de nous donner des informations sur la dilatation ou la compression des fissures, nous en avons 10 environ. Ce sont des instruments qui n’existaient pas en 2002. Et en termes de formation, il était difficile de savoir qu’il y avait des volcanologues en 2002. Mais en 2022, il y a quand même une équipe”, a rassuré notre interlocuteur.   

En fin, Monsieur Adalbert appelle la population à toujours se rapprocher des scientifiques de l’OVG, en cas de toute préoccupation sur les volcans.

John Tsongo

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