Nord-Kivu : Afflux massif de nouveaux déplacés à Rutshuru centre et Kiwanja

Un afflux massif de nouveaux déplacés s’observe, depuis l’après-midi de lundi 04 juillet 2022, à Rutshuru centre et à Kiwanja dans le Nord-Kivu. Ils viennent de différents groupements de la chefferie de Bwisha, en territoire de Rutshuru. Ceux-ci fuient pour se mettre à l’abri des affrontements entre les militaires des Forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et les combattants du M23 qui durent depuis des mois déjà en territoire de Rutshuru.

Ces nouveaux déplacés arrivent à pied ou par motos. Ils portent des nattes, des matelas, quelques ustensiles de cuisine et d’autres biens. Certains traînent derrière eux quelques têtes de chèvres ou de moutons. Ces habitants fuient un lendemain incertain dans leurs villages.

Bahati Maniragaba est l’un d’eux. Il arrive de Rangira, à la mi-journée de ce mardi. Celui-ci affirme que les habitants de son village ont fui car la ligne de front s’approchait de son village Rangira.

« Je viens de dépasser nos militaires. Ils continuent de veiller. Mais il n’y pas de combat. Les gens disent que les combattants du M23 sont sur la colline de Nswema-Mukarange. Alors ils ont peur se disant que ces combattants peuvent tirer des balles et atteindre les civils. Voilà pourquoi ils fuient », explique-t-il.

Pour sa part, Manigera Nzabonimpa Adrien, pasteur de l’Eglise CEPAC Rutsiro, en groupement de Bweza et les autres habitants ont fui la présence des combattants M23 dans son village et dans les villages voisins.

« Ceux qui fuient sont les habitants de Tanda, Kasebeya, Mutovu et Bugina, car là-bas, il y a eu des affrontements terribles hier. Il y a eu des explosions des bombes et des sifflements des balles forçant les habitants à s’enfuir. Ceux de Rangira sont encore là. Sauf  ceux qui ont eu peur, sont également venus ici à Rutshuru également », raconte-t-il.

Des déplacés dans le besoin

Certains de ces déplacés trouvent l’hospitalité dans des familles d’accueil a Rutshuru centre et a Kiwanja. D’autres sont reçus dans les sites de l’école primaire et du stade Rugabo. Mais ils manquent de tout.

« Nous sommes venus la nuit. On nous a dit que ceux qui veulent continuer la route peuvent le faire et ceux qui veulent rester ici seront logés. Les abris sont déjà construits ici. Ce qui nous inquiète nous les nouveaux déplacés, ce que nous manquons de nourriture, de vêtements, pas de savon. Chacun est venu juste avec ce qu’il avait en main », se plaint Niyonzima Wahano arrivé au stade Rugabo lundi soir.

Ces nouveaux déplacés allongent la liste de plusieurs centaines d’autres familles arrivées à Rutshuru centre et à Kiwanja depuis fin mars et début avril derniers.

Faustin Tawite

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