Nord-Kivu : des médecins et infirmiers du HGR de Rutshuru dénoncent la non-prise en compte des urgences dans l’exécution d’un projet financé par l’UE

Une partie du personnel de l’Hôpital General de Référence (HGR) de Rutshuru exprime son indignation face à ce qu’il qualifie de maltraitance par le partenaire EUP FASS-PADIS, un projet de l’Union Européenne.

Selon ces médecins et infirmiers, ce projet ne prend pas en compte des urgences auxquels l’hôpital fait face en cette période de crise humanitaire à la suite des déplacements des populations fuyant la guerre du M23. Ils l’ont fait savoir dans une déclaration rendue publique, le mercredi 10 août 2022, devant le bloc administratif de cette structure de santé.

Dans leur déclaration, ces médecins et infirmiers de l’Hôpital Général de Référence de Rutshuru indiquent qu’avec son système de travail à savoir l’achat des prestations, le partenaire Union Européenne, ignore la présence des personnes déplacées de guerre dans cette zone.

« Rappelons par la présente, la situation sécuritaire dégradée dans nos contrées et entrainant un afflux massif des déplacés qui ne sont même pas pris en charge. Vu que c’est un projet de développement, faisant achat des prestations. Ainsi pour nous, ce n’est plus un partenariat, plutôt une colonisation, motif de cette protestation. Car nous avons plus besoin d’un partenaire s’occupant de toutes ces urgences auxquelles nous faisons face au quotidien », expliquent ces médecins et infirmiers.

En outre, ces prestataires de santé de l’Hôpital General de Référence de Rutshuru reprochent au partenaire de l’EUP FASS de n’avoir validé que 9% de la facture lui présentée pour les différentes prestations rendues par cette structure de santé alors que l’hôpital manquent d’intrants et s’interroge sur la destination de ces 91%.

Un des responsables du projet en province du Nord Kivu, le docteur Guillaume Kasereka, rappelle qu’EUP FASS est un projet de développement et non d’urgence.

Quant aux factures de prestation non validées, il renvoie les médecins et infirmiers indignés de l’Hôpital Général de Référence de Rutshuru au contrat qui lient cette structure au projet de l’Etat Congolais avec un financement de l’Union Européenne.

En attendant, les médecins et infirmiers exigent que ce montant de 91% soit restitués aux prestataires, qui est pour eux, un droit inaliénable. Ils recommandent également un projet d’urgence qu’un projet de développement compte tenu du cotexte actuel de guerre.

Faustin Tawite

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