RDC : les tueries dans l’Est décriées à travers une expression populaire dénommée « Beni is crying »
Des jeunes activistes de Beni rassemblés dans une tribune d'expression dimanche soir pour dénoncer les tueries dans l'Est de la République démocratique du Congo. Ph. Milan Kayenga
Un rassemblement d’expression populaire a été organisé dimanche soir en ville de Beni en marge du huitième triste anniversaire des massacres des civils dans la région. A travers cette activité dénommée « Beni is crying : Beni pleur », les jeunes activistes de Beni ont haussé le ton pour alerter la communauté nationale et internationale sur les vies humaines qui ne cessent de périr dans la zone.
Sur le podium de « Beni pleur », plusieurs intervenants dont les artistes musiciens locaux, les activistes de droits de l’homme et d’autres invités, ont défilé tour-à-tour pour décrier la persistance de la guerre huit ans après, cela malgré les efforts consentis par le gouvernement.
« Il n’y a pas de Congo sans Beni. On a besoin de la paix parce que ça fait 8 ans des massacres, nous continuons de mourir; le gouvernement central doit vraiment braquer son œil ici à Beni. Beni : nous sommes oubliés », regrette Paluku Kamabu, activiste au sein de AMKA Congo
Des bougies ont été allumées cette soirée de dimanche par les activistes qui étaient porteurs des foulards blancs, symbole de la paix réclamée par la population de Beni et autres banderoles sur lesquelles des messages de paix ont été écrits.
« Les gens qui sont venus aujourd’hui, ont pu écrire les noms de leurs membres de familles qui ont été assassinés. Nous voulons la paix à Beni. Nous avons écrit des messages de révolution. Certaines personnes qui sont venus dans l’activité ont voulu transmettre ce message à la face du monde », a fait remarquer Salva Ndulani, porte-parole de la synergie des jeunes activistes de Beni, organisatrice dudit rassemblement.
Mumbere Mbakulirahi Junior, un autre activiste basé en ville de Beni espère que « le changement de la situation sur terrain grâce au nouveau commandement de l’état-major général des Forces armées de la République démocratique du Congo. »
Il sied de noter en outre qu’aucune autorité administrative locale n’a participé à cette activité, malgré des invitations qui leur sont parvenues, apprend-t-on des organisateurs.
Milan Kayenga