Goma : des femmes déplacées de guerre dans la rue pour exiger « réparation » des abus commis par le M23

Les femmes déplacées de guerre de Nyiragongo, Masisi et Rutshuru sont descendues dans les rues de Goma ce vendredi 17 février 2023. Ce, pour demander la paix, justice et réparation des atrocités commises par les rebelles du M23 et leurs alliés.

Ces femmes étaient en majorité avec des bébés au dos et porteuses des calicots ou l’on pouvait lire : « La femme n’est pas un objet sexuel mais plutôt une clé pour le développement ».

Aussi : « Nous disons stop aux viols faits aux femmes, stop aux massacres des populations civiles ».

La marche débutée au rond-point Kihisi en territoire de Nyiragongo, a chuté au gouvernorat de province où un mémorandum a été déposé.

« Nous femmes déplacées victimes des atrocités commises par le M23, sommes venues devant vous pour briser notre silence en rapport avec les crimes, massacres, viols et violations des droits de l’homme par les éléments du M23 e leurs supporteurs depuis la résurgence de ces rebelles. En effet, depuis l’activisme du M23, le Conseil pour la protection et la promotion des droits de la femme et de l’enfant a enregistré, au total, 482 civils tués par cette rébellion dont 185 femmes (…) », a restitué Neema Serutoke Claudine, qui a lu ledit mémo.

Héritier Nyamwami, défenseur des droits humains qui a accompagné ces femmes, appelle le gouvernement à tenir compte de ce que réclament ces déplacées de guerre.

« Au gouvernement de bien vouloir prendre les réclamations des victimes en considération. Vous voyez qu’il n’y a pas la justice qui est faite à l’égard de ces mamans qui sont en train d’être violées. Leurs maris sont en train d’être tués du jour au lendemain », a-t-il regretté.

Le mémorandum des femmes a été reçu par l’assistant du vice-gouverneur, Gilbert Mombila. Il a promis d’orienter leurs revendications à qui de droit.

Cependant, les manifestantes exigent la mise du M23 et ses alliés hors d’état de nuire. Elles invitent la Cour pénale internationale (CPI) à procéder à l’émission des mandats d’arrêt internationaux contre les auteurs de ces crimes commis et exiger la réparation des préjudices causés aux victimes.

Aline Kataliko

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