Rutshuru : des élèves mettent en profit la suspension des cours pour apprendre la couture
Le métier de couturière est devenu un attrait pour des jeunes filles en territoire de Rutshuru (Nord-Kivu). Elles ont décidé de mettre en profit ce temps pendant lequel les cours sont suspendus dans presque toutes les écoles de cette partie de la province du fait de la guerre du M23. Ce métier de couturière leur permettra de se prendre en charge.
Comme Kavira Kighoma Lydie, élève en 3e année des humanités pédagogiques à l’Institut Buturande, mercredi 26 avril, près de cent autres jeunes filles ont envahi les ateliers d’apprentissage de couture de la paroisse catholique de Buturande et l’Association des Enfants Orphelins et Vulnérables de Rutshuru (AEORu), situés au quartier Buzito à Kiwanja.
Certaines d’entre elles viennent de Kinyandonyi, en groupement Bukoma ou encore Murambi, en groupement Busanza, parcourant entre 7 et 10 km pour venir apprendre le métier de couturière.
Depuis quelques semaines déjà, elles profitent de la suspension des activités scolaires en territoire de Rutshuru du fait de la guerre du M23 pour apprendre ce métier de couturière. Il peut leur permettre de se prendre en charge, affirme pour sa part, Cynthia Jalkunga, une autre élève à l’institut Wanda.
« Ici à l’atelier, je suis venue apprendre la couture. Ça va m’aider dans la vie. Je ne veux plus quémander. Je ne manquerai plus d’argent si je fais la couture. Je ne veux plus pleurnicher comme ce fût le cas où je ne connaissais pas ce métier », a-t-elle rassuré.
Mais l’encadrement de ces équipes entraine des contraintes d’ordre logistique. Exigu, l’atelier de l’AEORu ne peut contenir toutes ses apprenantes à la fois.
« Certaines suivent des enseignements dehors », avons-nous constaté.
Selon le responsable de l’AEORu, Kambale Malikwisha Alexis, son atelier manque de machines suffisantes et d’autres intrants de couture pour encadrer un si grand nombre d’apprenantes.
« Nous avons à peu près vingt machines pour soixante apprenantes. Ça prend du temps pour que nous atteignions notre objectif. Nous manquons également d’autres intrants de la couture. Ces filles sont vulnérables et manquent de moyens de se payer ces intrants », s’est-il désolé.
Il en est de même pour l’atelier de la Paroisse catholique de Buturande. Après des journées de théorie en début de semaine, ces apprenantes sont divisées en deux équipes qui s’alternent pour la pratique.
La Rédaction