Couvre-feu à Butembo : le maire rappelle à l’ordre, la société civile en désaccord
Les services de sécurité sont déjà en œuvre pour mettre fin à l’insécurité mais ils doivent travailler sans ambages. C’est par ces mots que l’autorité urbaine de la ville de Butembo justifie la mesure de la réactualisation du couvre-feu de 21 heures à 5 heures du matin dans la ville. Mais la société civile exprime son désaccord.
Dans une intervention médiatique ce mercredi 7 juin 2023, le Commissaire supérieur principal Mowa Baeki Telly Roger rappelle que cette mesure arrêtée depuis le début de l’état de siège n’a jamais été levée.
Pour lui, les services ont besoin d’un terrain bien dégagé pour qu’ils accomplissent leur mission de traquer ceux qui insécurisent la ville. Ainsi, tout le monde devra rester à la maison dès 21 heures locales.
« Et aucune entrée ni sortie ne peut être tolérée sauf pour de cas de force majeur », martèle l’autorité urbaine.
Il cite entre autres les médecins qui interviennent pour des urgences et ceux qui accompagnent des malades aux soins.
« La mesure n’a pas été levée pour permettre aux services de bien travailler sans ambages. Il y a pour la plupart des fois les criminels qui opèrent la nuit. Il faut qu’ils sachent que les services sont en pleine activité », a-t-il prévenu.
Pour sa part, la société civile coordination urbaine de Butembo a exprimé son désaccord avec l’autorité à ce point. Cette structure citoyenne, par le biais de son président, pense qu’au lieu d’un couvre-feu, il fallait plutôt instituer des patrouilles mixtes entre services de sécurité et des jeunes volontaires.
Le pasteur Mathe Saanane craint que ce couvre-feu permette aux bandits d’opérer sans crainte d’être intercepté par la population enfermée dans leurs maisons. Il craint aussi les dérapages qui peuvent être enregistrés lors de l’application de la mesure de l’autorité.
Stanley Muhindo