RDC : des acteurs politiques et de la société civile apprécient différemment la mesure de ‘‘levée progressive’’ de l’état de siège annoncée par Tshisekedi

Le discours du chef de l’Etat sur la levée progressive de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri se commente différemment dans la sphère politique en RDC. RADIOMOTO.NET a contacté certaines personnalités bien rodées en politique pour donner leurs appréciations au discours de Félix Tshisekedi, le 12 octobre 2023.

Déjà la société civile de l’Ituri estime que le président a tapé à côté. Ingénieur Dieudonné Lossa Dhekana, président de cette structure citoyenne, trouve que le président de la République n’a pas respecté la volonté des participants à la table ronde tenue à Kinshasa en août dernier.

« En suivant le message, nous n’avons pas cerné le message approprié à la demande de la population de ces deux provinces exprimée lors de la table ronde tenue du 14 au 16 août à Kinshasa », a-t-il opiné.

De son côté, le chargé des missions au ministère de l’intégration régionale recadre que le chef de l’Etat veut se rassurer de la totale stabilité de la région pour laisser toute l’administration aux civils.

« Non, je pense plutôt que le président de la République a répondu aux attentes du peuple. Du fait que lui-même a accepté la levée de l’état de siège. Mais le seul bémol qu’il a mis, c’est que ça ira progressivement », a-t-il démontré.

Pour les opposants, le président Félix Tshisekedi a donné une mauvaise surprise à la population. Maître Kambere Kalumbi Ferdinand, secrétaire général adjoint du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD), le président devient de plus en plus dictateur en violation de la volonté du peuple et des lois.

« Quand il dit qu’il va lever partiellement, tout ça il tire ça d’où ? Il dirige le pays selon les humeurs. Il a simplement peur que l’autorité civile soit rétablie dans ces provinces-là, par peur des opposants. On est en train d’entrer dans une situation chaotique où le pays n’est plus contrôlé par l’armée, où les armées entrent en désordre », a-t-il opiné.  

Dans le discours du chef de l’Etat, rien n’a filtré sur comment la levée progressive de l’état de siège sera matérialisée dans les provinces sous état de siège. L’ordonnance présidentielle se fait toujours attendre.

Kakule Kilumbiro

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