Nord-Kivu : le taxi-vélo, ce métier qui ne génère plus profit à Butembo

Le taxi-vélo utilisé dans le transport des planches et tôles génère difficilement de l’argent ces derniers temps. L’affirmation a été faite à RADIOMOTO.NET par ces transporteurs cyclistes rencontrés au centre-ville de Butembo (Nord-Kivu), ce mardi 23 janvier 2024. La concurrence créée par l’avènement d’autres engins dont le triporteur est parmi les facteurs à la base de cette situation.

Au centre ville de Butembo, des hommes porteurs des planches, des bois et tôles pour construction sont visibles autour des dépôts et marchés de bois à l’attente de qui veut de leurs services.

Assis sur un banc, chapeau sur la tête, Kasereka Vakingana est à l’attente de la clientèle sur avenue Walikale. Il a, ces derniers temps, du mal à effectuer des courses demandées par ses clients suite à l’incompréhension autour du prix qu’il fixe. Pourtant, selon lui, c’est le même prix qu’il fixait anciennement pour la course.

« Nous pouvons parler du prix. Que les clients nous aident par rapport à cela. Quand la marchandise est de taille et que l’on fixe un prix proportionnel, les clients se compliquent. Nous ne savons à quel Saint se vouer parce que c’est un métier cassant. Qu’ils comprennent que nous sommes aussi humains. Le prix dépend de la distance et de la marchandise à déplacer. Normalement, nous transportons une planche à 1500 FC. Mais nos clients veulent payer 1.000 FC », a-t-il regretté.

De son côté, Katembo Lukutsyo, père d’une famille, n’a pas oublié le beau vieux temps, où à partir du taxi-vélo, il revenait du travail avec au moins cinq dollars en poche. Il regrette qu’actuellement la donne ait totalement changé. Il ne travaille que pour trouver de quoi vivre pour sa famille.

« C’est un bon métier. Il me donne de quoi manger. Je pouvais facilement trouver cinq dollars le jour. Mais actuellement, je trouve difficilement 5 milles francs congolais. Je fais ce métier uniquement au centre-ville depuis 5 ans. Il n’est pas comme avant ce boulot, mais quand même, il est bon parce que nous mangeons chaque jour », a fait savoir Katembo Lukutsyo

Katembo Lukutsyo démontre que cette situation est la conséquence directe de la modernisation. Cette dernière est venue avec le triporteur qui joue actuellement en défaveur des transporteurs sur les vélos. La hausse du taux de change fait aussi partie des difficultés à la base, vu qu’il frappe les revenus perçus en franc congolais.

« Actuellement, ce sont les triporteurs qui nous concurrencent en intervenant dans notre milieu de travail. Il gênerait beaucoup d’argent avant la présence des triporteurs. Quand nous fixons le prix au client, par exemple 5 cents francs pour les planches de Lubero, depuis plus de 5 ans le taux frappe ce franc quand nous voulons utiliser la monnaie. Nous ne nous enrichissons pas parce que nous n’évoluons pas. Nous ne tenons pas compte du taux en fixant le prix le trajet que nous parcourons », a-t-il pensé.

Ces transporteurs pensent que la baisse du taux de change et la réglementation dans le secteur de transport devrait les aider à gagner plus d’argent.

Glodi Mirembe

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