Rutshuru/Mise en place d’une administration parallèle par le M23 : l’organisation « Badilika » évoque ‘‘une balkanisation’’
L’installation de l’administration du mouvement du Mouvement du 23 Mars (M23) délie les langues des défenseurs des droits humains au Nord-Kivu. C’est le cas de Patrick Nguka de l’Organisation non gouvernementale Badilika, qui s’est confié à RADIOMOTO.NET à Goma, ce mercredi 24 mars 2024. Cet acteur parle de la concrétisation du plan de balkanisation.
Après plus de deux ans maintenant, le M23 enracine son administration en territoires de Rutshuru et Masisi. Bertrand Bisimwa, leader de ce mouvement, a procédé par la nomination des chefs des entités en commençant par Bunagana.
Le coordonnateur de l’ONG Badilika pense que c’est la concrétisation pure et simple de la balkanisation.
« Cette façon de transformer cette en une république témoigne d’une politique d’occupation, qui prouve à notre organisation que est en voie de balkanisation », a-t-il fait savoir.
A lui d’ajouter que l’irresponsabilité de l’Etat à résoudre cette crise serait la cause et la conséquence de ce qui se décrie maintenant.
« C’est une irresponsabilité du gouvernement dans la résolution de cette crise. Elle favoriserait le M23 et certains pays en connivence avec certaines rebellions », a-t-il opiné.
Alors que la force de la SADC est déjà présente sur le sol congolais pour appuyer les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), Patrick Nguka insiste que la responsabilité première de résoudre cette situation revient au gouvernement congolais qui ne doit, en aucun cas, compter seulement sur les forces étrangères.
En effet, les efforts de l’armée congolaise n’ont jamais suffi pour mettre l’ennemi hors d’état de nuire depuis plus de deux ans.
Moses Mumbere