Oïcha : des femmes déplacées de guerre bénéficient d’un accompagnement ‘‘psycho-social’’ de la CDJP
Des femmes déplacées de guerre vivant dans la commune rurale d’Oïcha méritent un accompagnement à tous les niveaux de vie sociale. La majorité étant veuves des massacres des civiles par les rebelles d’Allied democratic forces (ADF), ces femmes se battent seules pour la survie des orphelins.
C’est un diagnostic fait par la Commission diocésaine Justice et Paix du diocèse de Butembo-Beni, qui les aide dans l’accompagnement psycho-social.
En effet, depuis environs 9 mois, Kavira Liliane, psychologue au sein de la CDJP, rend un service d’accompagnement psycho-social auprès de ces femmes déplacées de guerre.
Au cours d’une interview accordée à RADIOMOTO.NET, à l’occasion de journée internationale de droit des femmes, Kavira Liliane peint un tableau sombre de la vie des femmes déplacées de guerre. Elle fait savoir que la plupart ont perdu le goût de vivre.
Pour ne pas tomber dans un éternel désespoir, la Commission diocésaine Justice et paix s’est engagée sur la voie d’accompagner les femmes par l’écoute et l’éducation à l’épargne à travers les Associations villageoises d’épargne et de crédit (AVEC).
Depuis lors, certaines d’entre-elles ont retrouvé le chemin de la vie en répondant d’elles-mêmes aux besoins de leurs familles, affirme Kavira Liliane.
« Nous, Justice et Paix, avons décidé d’aider ces femmes dans l’accompagnement psycho-social. Nous leur apportons une éducation sur la lutte contre le traumatisme. L’objectif est de les amener à reprendre le cours normal de la vie, parce que nous avons constaté que la plupart n’ont plus le goût de vivre. Elles considèrent même les voisons comme des ennemis. Un autre objectif est de les amener à répondre elles-mêmes à leurs besoins. Pour le moment, nous les accompagnons dans les AVEC », a-t-elle déclaré.
Reconnaissant que les besoins sont énormes, Kavira Liliane plaide pour le retour de la paix dans le territoire de Beni. Elle note que l’aide a des limites. La solution à toute la misère que traversent les femmes déplacées, c’est de leur permettre le retour dans leurs villages afin de cultiver leurs champs.
« Si je rencontre les autorités, je vais leur demander de travailler fort pour restaurer la paix dans la région, parce que la paix reste le moteur de tout. Elle permettra à ces femmes de travailler pour leur vie, et elles vont oublier toute la souffrance qu’elles ont traversée comme le viol et les tueries », a-t-elle plaidé.
Notons que depuis environs 10 ans, le territoire de Beni enregistre des morts dus aux massacres des civils par les terroristes de l’ADF et d’autres groupes armés locales, faisant ainsi augmenter le nombre de déplacés de guerre dans la région.
Kakule Kilumbiro