Bombardements du M23 : ‘‘Une preuve que le gouvernement n’a pas prise au sérieux le qualificatif qu’il a alloué à cette rébellion’’ (Maître Isaac Mutanga)
Les différentes attaques du M23 prouvent que le gouvernement congolais n’a pas pris au sérieux le qualificatif qu’il a alloué à cette rébellion comme groupe terroriste. C’est la lecture faite par Maitre Isaac Mutanga, coordonnateur du mouvement Éveil Citoyen à Butembo. Il craint que les déplacés visés décident de regagner leurs milieux d’origine encore sous-contrôle du M23, car se sentant moins sécurisés dans les sites.
Contacté ce samedi 4 mai 2024 par RADIOMOTO.NET, cet avocat et enseignant n’a pas caché la colère qui l’a habité quand il a appris cette nouvelle attaque de vendredi contre les déplacés de Mugunga.
Selon lui, c’est une preuve que le M23 est réellement un mouvement terroriste. Maître Isaac Mutanga estime aussi que par ces attaques répétitives, le M23 veut démontrer à l’opinion que c’est par sa volonté qu’il n’a pas pris Goma.
« Le M23 prouve qu’il est un mouvement terroriste. Il s’agit d’une n-ième attaque qui atteste que notre gouvernement n’a pas pris au sérieux le qualificatif qu’il a alloué au M23 comme mouvement terroriste et sa dangerosité sur les civils. Le M23 démontre par ailleurs que c’est par sa volonté qu’il n’a pas pris la ville de Goma », a-t-il déclaré.
Il exprime une crainte, celle de voir la population meurtrie, perdre, enfin, sa confiance aux autorités du pays qui parlent et promettent sans aucune réalisation. Ainsi certains déplacés pourront-ils décider de passer de zones sous contrôle gouvernemental pour celles contrôlées par les rebelles, alerte-t-il, car cela pourra légitimer le M23.
« Il y a risque que les déplacés de guerre parviennent à regagner leurs milieux d’origine, et croient qu’ils seraient plus en sécurité là-bas. Or, en cas de retour de ces derniers, cela va légitimer davantage le M23 dès lors que la crise humanitaire est parmi les justifications fréquemment avancées par notre gouvernement pour solliciter des sanctions contre le M23 », a-t-il démontré.
Il convient de rappeler que ces bombes tombées dans le camp de déplacés de Mugunga dans les périphéries de Goma, capitale provinciale du Nord-Kivu, ont couté la vie une dizaine de personnes, selon des sources indépendantes. Le gouvernement congolais accuse le M23 d’avoir perpétré cette attaque.
Stanley Muhindo