Butembo : la police craint une confusion entre ennemis et volontaires patrouilleurs

Plusieurs jeunes s’activent, ces jours, à veiller chaque nuit pour faire face aux menaces sécuritaires dans leurs cellules, à Butembo. Dans les banlieues de la ville, cette surveillance se fait même la journée. Une réalité constatée par RMBB, depuis l’avancée du M23 en territoire de Lubero.

Ces patrouilles juvéniles ne passent pas sans débordements, tels des tracasseries et des intimidations des routiers. Reconnaissant que c’est une stratégie de vigilance, la police estime que ces jeunes s’exposent, au même moment, à plusieurs risques.

Lundi 01 Juillet 2024, le porte-parole de l’état-major de la Police nationale congolaise, PNC-Butembo, a réagi à l’organisation des patrouilles par des jeunes.

Le Commissaire Adjoint Kambale Katsumba Laurent a indiqué que la police n’a jamais ordonné à personne de passer nuit dehors ou de rester des journées dans les avenues pour une quelconque surveillance. Ce, puisque le maintien de l’ordre et de la sécurité sont des tâches qui incombent aux agents de l’ordre et de sécurité, a-t-il expliqué.

Le Communicateur de la PNC-Butembo montre que si les jeunes récidivent dans l’organisation de ces patrouilles, ils s’exposent à l’ennemi qui peut les attaquer ou des patrouilleurs officiels qui peuvent les confondre aux semeurs de troubles.

« Par rapport à la patrouille des jeunes, si c’est leur méthodologie de vigilance, nous n’avons pas donné l’ordre de dormir à l’extérieur. Seule la police, les FARDC et d’autres services officiels de l’État peuvent faire la patrouille. Si les jeunes passent la nuit à l’extérieur, qu’ils sachent que c’est dangereux pour eux. Ce que nous disons régulièrement à notre jeunesse, c’est que si vous trouvez une personne suspecte, il faut nous alerter et nous allons faire notre travail », appelle t-il.

A ce moment où l’Est de la RDC fait face à la menace de présumés hommes armés de l’ADF et du M23, la police mobilise plutôt les jeunes à laisser la charge de l’ordre et de sécurité aux services compétents.

N’empêche, selon elle, que la communauté appuie ces services par une collaboration sincère. Elle invite la société civile, l’Etat, les chefs des entités de base, et tout citoyen à la vigilance, à éviter de faire peur et du mal, l’un à l’autre.

Patrick Kalungwana

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