Butembo : les survivants de la lèpre face aux difficultés de subsistance

Les victimes de la lèpre et leurs descendants vivant à la léproserie de Katwa communément appelée Vuhagha en commune de Mususa traversent une vie pénible. La plupart ayant perdu certaines parties de leurs corps dont les membres inférieurs ou supérieurs se heurtent à des lourdes difficultés liées à leurs subsistances.

Radio Moto Butembo-Beni s’est déplacée jusqu’au camp de Vuhagha vendredi 20 septembre 2024. La plupart de ces vulnérables vivent encore dans les petites maisonnettes construites la Mission Protestante pour les Lépreux.

Plusieurs d’entre nos interlocuteurs ne cessent de saluer le grand travail que Hurbert avaient abattu pour leur sauver la vie et celle de leurs parents. Toutefois, ces victimes de la lèpre regrettent que depuis plusieurs années, la mission protestante leur a déjà tourné le dos depuis le départ des blancs.

Syaghuswa Musavuli Jean, l’une d’elles, fait savoir qu’ils n’ont plus de soutien et ils sont menacés de quitter le camp de Vuhagha. A part la mission protestante, les victimes de la lèpre regrettent que même l’Etat congolais s’inquiètent moins de leur sort.

« C’est triste si nous votons les fameux députés, nous votons pour des vaux-rien, j’attends chaque jour qu’ils ont détourné de l’argent, ils ne font rien, ils gaspillent inutilement de l’argent, c’est tout. Pendant la campagne, ils arrivaient ici, ils ont promis de faire entendre nos voix, mais rien n’est fait. Cette terre nous a été donnée gratuitement par les coutumiers, mais nous apprenons que c’est déjà vendu. Les députés nous ont déjà abandonnés parce qu’ils ne veulent pas plaider pour notre tranquillité. Avec toute notre souffrance que nous leur avons présentée, ils ne nous donnent plus de savon à part ce que nous avons reçu le jour de la campagne », se désole Syaghuswa Musavuli Jean.

C’est pourquoi, les femmes survivantes de la lèpre remercient et encouragent tous ceux qui leurs viennent en aide. Elles citent les églises, les mutualités et les particuliers qui écoutent leur cri de détresse.

« Je ne devrais pas me retrouver ici, je serais dans ma maisonnette, mais les protestants ont déjà détruit toutes les maisonnettes construites par Hurbert. Chez nous, c’est là-bas, mais il n’y a plus d’abris. Ces habits, on me les offre, ce sont des bonnes volontés qui me les donnent et je garde tout dans la maison. Les protestants ont déjà arrêté toute donation. On recevait de l’aide à partir de l’évêché des catholiques, voilà que l’évêque Kataliko est mort. Une autre aide venait de Bunyuka et même de Musienene auprès des chefs coutumiers. Elle arrivait une troisième l’an. Tout est déjà arrêté, ce sont les bonnes volontés qui aident ces derniers temps », indiquent t-elles.

Notons que les abris de ces victimes de la lèpre vivant à Vuhagha s’écroulent un à un. La mission protestante de Katwa leur interdit de reconstruire. Ce qui fait que les femmes et hommes sont obligés de vivre dans la rue ou dans certaines familles d’accueil à leur risque et péril.

Kilumbiro Jean Pierre

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