Massacres des civils à Beni : 10 ans déjà
Du 02 octobre 2014 au 02 octobre 2024, il y a dix ans déjà depuis le début des tueries des civils par les combattants présumés de l’Allied democratic forces (ADF) en territoire de Beni (Nord-Kivu). Les agglomérations de Kokola, Linzo Siseni, Manzanzaba et d’autres, en groupement Bambuba-Kisiki restent toujours abandonnées de leurs habitants, malgré un peu d’accalmie dans la zone. La société civile recommande le déploiement de la Police dans ces agglomérations déjà conquises par l’armée loyaliste pour rassurer la population.
Lewis Kambale Saliboko, chef d’antenne de l’ASADHO en territoire de Beni, regrette des milliers de morts et de disparus enregistrés après le massacre du 2 octobre 2014 à Kokola. Quelques agglomérations sont restées vidées, les habitants craignent le retour les insurgés, malgré les efforts de l’armée loyaliste et ses partenaires, indique cet activiste des droits de l’homme.
« Les milieux comme Kokola, Manjanjaba… restent toujours inhabités par leur population. 10 ans aujourd’hui, nous avons enregistré plusieurs morts, parce que chaque année, on ne faisait qu’enregistrer des morts ; au moins 3000 personnes par an, y compris de personnes disparues. C’est tellement grave », a-t-il regretté.
Janvier Kasereka Kasayiryo, rapporteur de la société civile en territoire de Beni, recommande, pour sa part, le déploiement des policiers dans les agglomérations déjà conquises par l’armée congolaise, ainsi que la création des activités de résilience pour cette population frustrée par les affres de la guerre depuis une décennie.
« Aux côtés des opérations, il faut un dispositif sécuritaire ; une police bien consistante avec un environnement consistant dans les agglomérations déjà conquises par les FARDC. On doit mettre des infrastructures résilientes telles que les marchés, les écoles dans ces agglomérations. Qu’on trace les routes et par la suite les gens vont venir habiter, parce que le milieu sera déjà vivable », a-t-il opiné.
Ces activistes des droits de l’homme encouragent l’action militaire des forces coalisées FARDC-UPDF, qui a permis à plusieurs habitants du territoire de Beni de reprendre les activités champêtres, moyen de survie pour plusieurs.
Milan Kayenga