Butembo : le CT Karongo Pantaléon appelle l’ANAPECO à accompagner les enseignants dans leur lutte
« Les revendications des enseignants grévistes du primaire sont normales et nobles, mais auront du mal à trouver gain de cause aussitôt, de suite de plusieurs blocages, le plus saillant étant le non-accompagnement de la gratuité de l’éducation par le gouvernement ». C’est le point de vue de Paluku Karongo Pantaléon. Cet enseignant et ancien secrétaire du Syndicat des enseignants du Congo, (SYECO) de Butembo, qui appelle l’ANAPECO à accompagner les professionnels de la craie, s’est exprimé sur la récurrence de leur grève au cours d’une interview à RADIOMOTO.NET, le mardi 08 octobre 2024.
Ils réclament, notamment, une majoration du salaire jusqu’à 500 dollars américains.
« Mais ceci me parait difficile sur le plan économique en RDC », opine le Chef des travaux, Karongo Pantaléon.
Ce syndicaliste honoraire du SYECO fustige ainsi la sourde oreille de l’autorité budgétaire devant les désidératas récurrents des enseignants, alors que la RDC a une connotation de pays riche.
Bien plus, il est, selon lui, anormal de voir, dans ce contexte, l’Association nationale des parents du Congo (ANAPECO) rester molle que d’amplifier la pression sur le gouvernement congolais en faveur des enseignants.
« Les parents ne sont pas nos patrons, en réalité. À ce niveau, je ne comprends pas ce que fait l’ANAPECO. Cette association nationale des parents ne se prononce pas souvent pour accompagner les grévistes alors que les grévistes posent un problème crucial qui affecte aussi les parents. Les parents sont bénéficiaires de la gratuité, dès que le gouvernement prend convenablement en charge les enseignants. Ce qui fait que l’ANAPECO devrait accompagner les enseignants dans leur lutte. Mais moi, je me dis que cette lutte ne ressemble pas à la nôtre. À l’époque, nous, on n’était pas divisé. De ma maternelle au secondaire, on devrait entrer au front pour obtenir gain de cause. Pour le moment, on a fragilisé les enseignants. Ce sont seuls ceux de l’école primaire qui réclament. S’ils décident que les parents reprennent leur prise en charge, c’est un mauvais combat », a-t-il fait remarquer.
Pour que le combat des enseignants soit dédouané, le Chef des travaux Karongo Pantaléon propose au Gouvernement de répondre aux préoccupations qui lui est exprimé. Aux députés, il sensibilise de faire de cette grève une préoccupation à l’Assemblée nationale en vue d’une solution.
Quant aux grévistes, il recommande de s’assumer et de décider de ne reprendre après qu’ils obtiendront gain de cause.
« Il faudrait que les enseignants du SYECO, du SYNECAT et d’autres syndicats apprennent aussi à aller à Kinshasa, rencontrer l’autorité de tutelle, rencontrer le Chef du Gouvernement, le président de la République et leur poser le problème. Les rencontres bancs syndical et gouvernemental ne suffisent pas. On peut y envoyer le banc syndical, mais il arrive qu’on corrompe les délégués syndicaux pour faire taire les enseignants. Si cela est vrai, alors, ça ne va pas. Qu’est-ce qui prouve que même si les syndicalistes locaux pouvaient y aller, qu’ils ne se fassent non plus corrompre ? Est-ce qu’ils sont vaccinés ? », a-t-il interrogé.
Il conscientise qu’il est aussi possible pour l’enseignant d’abandonner et de faire autre chose quand il constate que son patron, le Gouvernement, devient têtu.
Il est à noter que les enseignants grévistes réclament la retraite des enseignants âgés, l’augmentation salariale, l’élaboration des listings de paie, la paie des NP et immatriculation des NU.
Patrick Kalungwana