Beni : des centaines de femmes ex-otages des ADF réinsérées dans la communauté
Elles sont plusieurs centaines, ces femmes et jeunes filles ex-otages des ADF réinsérées dans la communauté, enceintes ou allaitant des bébés des assaillants qu’elles ont eus dans la forêt. Elles endurent une stigmatisation traumatisante à leur passage avec ces grossesses ou ces bébés issus de l’esclavagisme sexuel.
Julienne N kunaNjingala, représentante des organisations féminines au sein de Ukweli Defection Comitee, UDC Beni, déplore une stigmatisation qui pourrait permettre à leurs bourreaux de multiplier ces bévues, mais aussi, empêcher les autres femmes et filles à faire défection dans les rangs des terroristes ADF. Elle appelle la communauté à faire preuve de résilience.
« Nous sommes en train de sensibiliser à la résilience, parce qu’une fille qui a été engrossée par les ADF, on ne voit pas la volonté dedans. Donc ça n’a jamais été volontaire, c’est une grossesse d’esclavagisme sexuel. Il ne faut pas qu’elle condamne l’enfant innocent issu de cette grossesse. C’est pour cela que nous insistons auprès des autorités religieuses de prêcher le pardon, la résilience, pour que ces filles-là engrossées soient acceptées dans la communauté », déclare-t-elle.
Pour rappel, au-moins sept cent quatre-vingt-deux ex-otages et combattants ADF ont déjà été réinsérés dans la communauté à l’espace de trois ans par l’organisation américaine BridgeWay, dans les provinces du Nord-Kivu et Ituri.
Siku Provinces